L'avenue Foch,
de l'avenue du Parc à Médan


Le lotissement du parc du château

L'avenue du Président

Reportez-vous à la page sur le lotissement de l'ancien parc, afin de connaître l'histoire des deux parties séparées par la ligne de chemin de fer.

Nous présentons les villas les plus remarquables de la première partie de l'avenue Foch, celle construite dans l'ancien parc, en la suivant à partir de la Place de la Libération jusqu'à la section résiduelle de l'avenue du Parc (ancien nom de l'avenue Foch) puis en revenant vers le centre de Villennes, chaque fois en regardant le côté de droite de l'avenue  :

Les villas de numéro pair

Sans Façon

La villa a été construite en 1906 par Jules Troley. Le nom de sa maison ne peut pas qualifier ce propriétaire procédurier : il intenta un procès à la Compagnie Ouest-État, à la commune et au lotisseur du parc, M. Pichard du Page. Le contrat de vente du terrain n’avait pas prévu la construction d’une nouvelle gare à côté de ce terrain. M. Troley fut condamné aux dépens.

Après une propriétaire à partir de 1221, un habitant de Médan au nom prédestiné, Jean Baptiste Train, acquit la maison en 1935. Sept ans plus tard, Jean-Baptiste Train, vraisemblablement son fils, lui a succédé.

Toutefois, il n'a pas pu y rester longtemps : réquisitionnée pendant la Deuxième Guerre mondiale comme toutes les grandes maisons de Villennes, cette villa était le siège de la Kommandantur allemande.


Neptune

La propriété de la famille Vasson,
acquise par la commune

La maison, qui a été agrandie et transformée en 1986 pour accueillir la mairie de Villennes à l'inititiave du maire, Maurice Magnet, s'appelait la villa Neptune.

Achetée par la commune en décembre 1980, elle était à l'état d'abandon depuis de nombreuses années, le nombre important des héritiers du dernier propriétaire ayant rendu sa succession très difficile ; son parc, qui a retrouvé son caractère d'autrefois, était complètement envahi par la végétation.

La maison, qui était restée la propriété des descendants directs du premier propriétaire, Célestin Vasson, et de leurs héritiers par alliance, avait été bâtie, ainsi que les communs, en 1910.

Il avait complété, cette même année, par deux très petites parcelles le terrain de 16,42 ares achetée deux ans plus tôt. 

Cliquez sur la photo extraite d'une carte-photo, envoyée en 1919, par un membre de la famille Vasson, pour voir l'autre face !


La villa Neptune en 1919

Célestin Vasson, né en 1870 à Charleville, était comptable à Paris lorsqu'il a épousé, en mai 1935, Jeanne Alphonsine Berthe Cordier, modiste à Mouzon, une autre ville des Ardennes (Sedan est à mi-chemin entre charleville et Mouzon). Lorsqu'il s'est installé à Villennes, il était représentant en métallurgie de la Société métallurgique de Sedan ; il y avait, certainement des responsablités importantes car, lorsque la société a été dissoute en 1935, il a été l'une des deux personnes chargées de sa liquidation.

La société Grégoire, qui a été à l’origine de l’industrie de construction automobile à Poissy, faisait certainement partie de ses clients ; ses trois fils ont été stagiaires dans son usine pisciacaise,  en activité de 1902 à 1924. Ce sont, vraisemblablement, ses liens avec cette société qui lui ont fait connaître Villennes.

Il habitait la villa Neptune avec son épouse Angèle, sa mère et un oncle, auxquels s'est jointe, entre 1931 et 1936, une cuisinière.

La villa

Lors de son acquisition par la commune, elle a été décrite comme une maison d'habitation élevée sur cave et sous-sol composée des pièces suivantes :

- au rez-de-chaussée : salon, salle à manger, bureau, vestibule, salle de billard, cuisine, water-closets,

- au premier étage : quatre chambres et une salle de bains, water-closets,

- au deuxième étage : quatre chambres et un cabinet de toilettes,

- grenier au-dessus couvert en ardoises.

Le parc

Le plan établi avant le lotissement du parc du château nous montre la partie de la rivière anglaise qui traversait le jardin de la villa Neptune devenu le Parc de Chèvrefontaine appelé, plus communément, le Parc de la mairie.

On y distingue la chute d'eau, le "grand lac", l'île sur laquelle se trouvait une faisanderie et les différents ponts,

La volière, trop proche de l'emplacement de la future villa, a disparu.


La Villa du Parc

Cette villa, dont le premier propriétaire n'a pas cherché très loin son nom, a été bâtie sur deux des premiers lots vendus par Hippolyte Pichard du Page : la transaction a eu lieu en octobre 1893, soit quatre mois après son acquisition du château et de son parc.

Les propriétaires successifs

Le premier propriétaire, maire éphémère de la commune

Le nouveau propriétaire, qui y a construit sa villa, deux ans plus tard, était un architecte parisien, Eugène Alfred Pigny. En avait-il dressé les plans ?

Alfred Pigny est devenu maire de Villennes en mai 1896.

Il n'a pas profité longtemps de sa maison : il y décédé en novembre de cette année.

Son épouse y a habité jusqu'à son décès, dix ans plus tard. Leur fille a conservé la villa jusqu'en mai 1931. Léon Herbelin, originaire du Doubs comme son épouse Marie Luise, en est ensuite devenu propriétaire, jusqu'en 1939.

La propriété comprenait alors :

- un pavillon d'habitation :

  . sous-sol ;
  . rez-de-chaussée ;
  . premier étage carré ;
  . second étage lambrissé, couvert en tuiles ;

- le jardin entourant le pavillon [traversé par la rivière anglaise de l'ancien parc du château] ;

- un bâtiment à usage de remise et de poulailler.

Une famille russe de l'industrie française du cinéma

Le propriétaire suivant a dû attendre la fin de la guerre, qui venait de commencer, pour pouvoir résider à Villennes car, dès l'occupation, la Villa du Parc avait été confisquée pour y loger des officiers allemands. Léon  Siritzky, avait acheté cette maison en 1938 sur les conseils de Wolf Lévitan, le fondateur des Meubles Lévitan, dont un neveu possédait la villa "Castel Villennes" à l’angle de l’avenue du Parc et de l’avenue Foch. Ayant dû fuir la France et les Nazis pendant la guerre, Léon  Siritzky avait confié la villa à sa fille Klara, à qui il l'a léguée. Il en avait fait son habitation, dès la fin du conflit.

Léon Siritzky et son épouse Rosa Brener étaient originaires de Russie, où ils étaient nés respectivement en 1883 et 1891.

Cliquez sur la photo du projecteur pour connaître l'histoire de ce pionnier de l'exploitation de salles de cinéma et de sa famille.

La libération de la villa

La villa, occupée par les Allemands, a été reprise par les résistants, dès la libération de Villennes.

Peu de temps après, un grand nombre de personnes se sont rassemblées sur son balcon et dans son jardin, pour assister à des scènes que nous pouvons juger aujourd'hui peu glorieuses.

Comme dans toutes les localités françaises, c'était l'heure des règlements de compte et de l'humiliation pour quelques femmes.

Ces images sont extraites du film Villennes 44 réalisé à partir des séquences filmées par Tino Belluzzi, avec sa caméra 8 mm.

La famille Szemzö

Klara Siritzky et son époux Eugène Szemzö ont repris possession de la maison. Mme Semzö l'a vendue en 1962.

Lire les souvenirs de Michel Szemzo, petit-fils de Léon Siritzky, qui y a passé ses jeunes années de 1949 à 1962. Il a, notamment raconté que ses parents recevaient souvent diverses célébrités, notamment le prince Rainier de Monaco et son épouse, Grace Kelly.

André Carpentier

Avec son épouse Monique et leur famille, André Carpentier a vécu dans la villa avant d'en dissocier le terrain bordant l'avenue Foch pour y construire une maison au confort plus moderne, pour le temps de sa retraite ; celle-ci a été bien occupée : il a fondé à Poissy la Librairie du Pincerais  ; il l'a gérée et animée, avec sa famille, ce lieu de diffusion de la culture.

Bien que de nationalité belge, il s'intéressait particulièrement à l'histoire locale. Il a été vice-président de notre association ACV, la mémoire de Villennes ; il y a fait deux conférence : sur le Pincerais (à l'époque des Gaulois et des Mérovingiens, c'était une "région", dont la cité pisciacaise était la capitale ) et sur les vignes d'Île-de-France.

Il a participé activement aux travaux de sauvegarde de l’église Saint-Nicolas. Il s’est impliqué dans le soutien d’une famille vietnamienne et  l’accueil d’une famille syrienne,  réfugiée à Villennes. André Carpentier, décédé en 2021, a laissé un excellent souvenir aux Villennois, marqués par son caractère sympathique et sa large culture.

Il était arrivé à Villennes lorsqu'il a été chargé, en 1982, de diriger la filiale française de la société Agfa-Gevaert, qui avait été créée en 1964 à Rueil-Malmaison après la fusion de la société allemande Agfa et de l'entreprise belge Gevaert. Dans cette période, elle se développait dans trois domaines :
- Le marché grand public : pellicules photo, papiers photographiques et  flashs ;
- Le cinéma et l'industrie graphique :  fourniture de films pour le cinéma professionnel, l'imprimerie et la radiographie médicale.
- L'innovation : introduction des premiers systèmes de développement rapide et automatisation des laboratoires photo à travers la France.

Très impliqué dans l'industrie cinématographique, André Carpentier avait tissé des liens avec son voisin de l'autre côté de la rue, René Bünzli, propriétaire de la villa Albertina. Inventeur et pionnier du cinéma français, il avait joué un rôle clé dans la conception des premiers appareils de prise de vue et de projection de photographies animées. André Carpentier a fait connaître son invention, issue de l'horlogerie et de son expérience de la mécanique de précision, pour réaliser l'un des premiers projecteurs.

Cliquez sur l'image pour lire la biographie de René Bünzli et des informations sur le mécanisme à Croix de Malte !

La villa, de nos jours

La description de 1939 reste valable, à l'exception de la superficie du terrain qui a été amputé de la partie, où a été construite une maison en bordure de l'avenue Foch.

Extérieurement, la villa se caractérise toujours par l'aspect monumental de son escalier courbe et du long balcon de son rez-de-chaussée surélevé.

A l'intérieur, la décoration a évolué vers des teintes plus claires mais plusieurs ouvrages d'ébénisterie remarquables sont toujours présents : la boiserie séparant les deux parties de la salle à manger, la hotte de la cheminée et l'imposant escalier.


Marie Rose

Ce n'est plus la villa qui se reflète dans la rivière anglaise.

Les trois bâtiments de la Résidence Foch, qui l'entourent, ont été construits sur le terrain acquis par Léon Rigoni.

Sa villa subsiste néanmoins, entourée par ces bâtiments.

La maison d'un architecte

Cliquez ici pour lire quelques autres informations sur Léon Rigoni. Il était un architecte parisien qui habitait Boulevard Voltaire lorsqu'il a acheté, en 1895, un premier lot de l'ancien parc du château, puis rue Fromentin lors de l'acquisition de deux parcelles voisines en 1898 et 1899, et plus tard avenue de Clichy. Ses terrains n'étaient alors que des prés, traversés par le ruisseau qui avait été la rivière anglaise du parc.

Après avoir construit, au début du siècle suivant, une villa destinée à son usage personnel, il y a planté quelques arbres.

Cette villa, de style normand, est très proche des voies du chemin de fer.

Elle se caractérise par l'importante avancée de l'auvent de son toit.

Description de la villa, après sa construction




Elle a fait l'objet, en septembre 1908, d'un article dans un numéro consacré aux Petites constructions à la ville et à la campagne de la revue mensuelle d'architecture L'habitation pratique, publiée par la Librairie de la construction moderne.

Voici le texte intégral, illustré par un plan en élévation, en couleurs, de la façade ; il présente d'abord l'environnement de la villa, à Villennes, avant de la décrire avec de nombreux détails relatifs à son architecture et à sa construction.

Si le charme de la banlieue parisienne est dans sa variété - variété, qu'on a pu dire, exagérant à peine, qu'autour de Paris sont résumés toutes les beautés de la France - c'est assurément la région que bordent de ses capricieux méandres la Seine et l'Oise et où est situé Villennes.

C'est dans cette jolie contrée, à 30 kilomètres de Paris, et d'où l'on a une vue splendide sur toute la vallée et les îles de la Seine : les Mureaux, Triel, Vernouillet et à l'horizon, les hauteurs de l'Hautil, Achères, Poissy, toute la forêt Saint-Germain, etc., que s'élève, depuis peu, la somptueuse villa dont nous donnons aujourd'hui une succincte monographie.

Villennes est, de plus, entouré par de hautes futaies et des coteaux boisés qui font de ce pittoresque endroit un agréable lieu de rendez-vous pour les chasseurs et les pêcheurs.

Soucieux d'harmoniser son œuvre avec la nature environnante, M. Rigoni a imprimé aux façades le genre Normand qui sied aux habitations agrestes. Quant aux plans, ceux-ci sont étudiés avec un grand soin et une parfaite entente.

Le sous-sol, entièrement dégagé du côté de la Seine et largement éclairé, comprend : une cuisine avec revêtement en carreaux de faïence sur les murs ; laverie, garde-manger, buanderie, caves à bois et à vins et la fosse d'aisances.

Au rez-de-chaussée, on trouve une grande salle à manger, un fumoir qui tient lieu de salon, balcons, vestibule, office, débarras, chambre avec cabinet de toilette, water-closet et l'escalier desservant les eux étages au dessus. La salle à manger est décorée en style gothique et contient une cheminée monumentale.

Le premier étage comprend les chambres de maîtres et une d'enfant avec salle de bains et cabinets de toilette. Enfin, le deuxième étage contient une belle chambre d'ami avec cabinet de toilette, lingerie, chambres de domestique et water-closets.

La construction a été exécutée avec beaucoup de soin. Le soubassement est en meulière piquée, posée en opus incertum, coupé sur la hauteur par quatre rangs de briques rouges de Bourgogne, formant un effet heureux.

Les murs supérieurs en quatre sens sont en maçonnerie de moellon, enduits en plâtre avec décoration également en plâtre, imitant pan de bois. Cette décoration a été peinte en brun Van Dyck, ainsi que toutes les croisées, persiennes, balcons, auvents, lucarnes, escalier extérieur et autres boiseries.

La charpente a été faite en chêne et sapin. Les combles et les auvents ont été couverts en tuiles plates de Bourgogne posées sur crochets.

La superficie construite est de 103 m. 35. La dépense s'est élevée à 40.992 francs, y compris les honoraires de l'architecte. Le prix du mètre superficiel de construction est revenu à 395 fr. 90.

L'ouvrage Autour d'Orgeval de la boucle de Poissy au Pays de Cruye, publié par la Direction régionale des Affaires Culturelles d'Île-de-France, Service Régional de l'Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, apporte les précisions et les commentaires suivants :

[...] Le bois véritable, peint de la même couleur [brun Van Dyck], est utilisé pour la réalisation des diverses balustrades et surtout de la charpente, dont les aisseliers, apportent une touche décorative supplémentaire. Cette maison dont le plan est finalement assez massé présente des élévations paraissant complexes du fait de l'utilisation de décrochements, du porche rejeté sur le côté, des nombreux formats de lucarnes ou de baies, protégées certaines par des auvents. Elle est couverte par des toits polymorphes à pente raide recouverts de tuiles plates;

Ce style néo-régionaliste connaît un grand succès jusqu'aux années 1920, ses éléments décoratifs constituant un libre répertoire dans lequel peuvent puiser les entrepreneurs. Ainsi partout en Ile-de-France, on trouve des maisons, allant de la vaste villa à la modeste résidence de retraité, évoquant le pittoresque de l'architecture normande.

La maison de gardien : disposant d'une remise et d'une écurie en rez-de-chaussée, elle est bâtie selon le même style décoratif que la maison de maître, mais dans une mise en œuvre simplifiée.

Les propriétaires suivants

La villa a été acquise, en 1921, par un négociant d'Arras (Pas-de-Calais), Gustave Achille Vergnaud.

En 1940, des Parisiens, Paul Durand et Louise Demont, en sont devenus propriétaires. Raoul Durand, vraisemblablement fils du précédent, leur a succédé trois ans plus tard.

La villa, de nos jours

La maison, partagée en plusieurs appartements, a été très bien conservée.

Chacun de ses côtés apparaît toujours très différent des autres.

La maison de gardien (ci-dessous à droite), construite en bordure de l'avenue de Médan, devenue l'avenue Foch, jouxte maintenant un immeuble. Dans les années 1920, elle était nommée "Chalet Micheline".

Une porte était, vraisemblablement, celle de l'écurie ; un anneau voisin, fixé sous la tête d'une licorne, permettait d'attacher un cheval.

Les villas de numéro impair

La Villa Albertina/Bourbonnia

Une maison induisant une transition dans la gestion de la commune

Le propriétaire de cette maison, qu'il a fait construire comme résidence secondaire sur des parcelles contenant des vestiges de l'ancien parc du château, était un Parisien qui s'était bien intégré dans la commune : il en était devenu maire pendant sept ans à partir de 1912. Il n'était pas le premier, mais il a pu agir plus longtemps dans cette fonction qu'Alfred Pigny, qui l'avait précédé et avait habité juste en face dans la Villa du Parc.

Alfred Laumonier a joué un rôle important, tout particulièrement pour la défense des intérêts des Villennois pendant la Première Guerre mondiale (la plupart des informations de notre page sur  la vie villennoise pendant cette période sont issues de ses courriers).

Lorsqu'il a acheté ses terrains, il était propriétaire d'un hôtel meublé à Paris, rue de l'Arcade. Il a été, ultérieurement, maître d'hôtel.

Acquisition des terrains et construction

La propriété se situe entre la nouvelle rue construite dans le parc (la partie de l'avenue du Parc, devenue l'avenue du Maréchal Foch), qui n'était pas encore tracée sur le plan ci-contret, et la rue de l'Ecole (rue des Ecoles, de nos jours).

Alfred Laumonier a acheté une première parcelle en juillet 1896.

Il a agrandi son terrain à la fin des années 1897 et 1902, pour créer son jardin et l'aménager à l'anglaise, en mettant en valeur des vestiges des fabriques du parc du château.


La maison, qu'il a baptisée "Albertina", a été construite avant la deuxième extension, de sorte que la clause du cahier des charges obligeant chaque acquéreur d'un lot à y ériger une construction dans l'année qui suivait, n'a pas été appliquée pour la dernière parcelle ajoutée !

La propriété, d'une superficie de 1 534 m2 a été ainsi décrite, lors de sa vente en 1946 :

Une maison principale élevée sur caves d'un rez de chaussée se composant de :
- salon, salle à manger, vestibule, cuisine et water-closets
- d'un premier étage comprenant : trois chambres à coucher, cabinet de toilette et water-closets
- d'un second étage de trois chambres (dont deux de domestique), un débarras.
Terrasse sur une partie de la maison dont le surplus est couvert de tuiles.

Un pavillon de jardinier donnant sur la rue des Ecoles, élevé sur sous-sol d'un rez-de-chaussée, comprenant une salle commune et un garage
- d'un étage de deux pièces et d'un grand grenier au dessus
- water-closets au sous-sol.

Une maisonnette pour machine élévatoire électrique avec pompe et réservoir.


- Distribution d'eau dans le jardin desservant aussi le potager [...], situé à l'angle de la ruelle Saint Nicolas et de la rue du Maréchal Gallieni [devenue, ici, la rue du Maréchal Leclerc].

Jardin anglais avec kiosque, serre, petite tour et cascade.

Les propriétaires successifs


La propriété est restée dans la famille Laumonier pendant un demi-siècle : après le décès de l'ancien maire en novembre 1944, son épouse et son fils l'ont conservée deux ans.

La villa n'a appartenu qu'un an aux propriétaires suivants.

Gaston Grondein et son épouse Lucie étaient, tous deux, originaires de l'Île de la Réunion, autrefois appelée l'Île Bourbon ; c'est pourquoi ils ont nommé cette villa "Bourbonnia". Ils s'étaient mariés à Sainte-Suzanne, leur ville natale. Ils y ont exploité des plantations de cannes à sucre. Gaston Grondein est décédé en avril 1948 à Villennes (dans une autre maison, semble-t-il celle de l'Île de Villennes qui a été acquise par Marcel Dassault pour construire sa villa).

La société de maroquinerie Le Simplex, dont le siège était dans la commune des Lilas, a acquis la villa. Etait-ce pour y implanter un atelier ou pour favoriser le repos de ses dirigeants ?

Un industriel, René Bünzli, et son épouse ont habité ensuite la villa Albertina pendant près de dix-sept années.

Henri René Bünzli (1870–1961) était un horloger, inventeur et pionnier du cinéma français. Il a joué un rôle clé dans la conception des premiers appareils de prise de vue et de projection de photographies animées à la fin du XIXe siècle. Originaire de Reims, il a étudié à l'École d’horlogerie de Paris entre 1885 et 1888. Brillant élève, il y a remporté plusieurs premiers prix en physique, dessin technique et théorie horlogère. C'est durant cette période qu'il a rencontré Pierre-Victor Continsouza, avec lequel il s'est associé, en 1896,  pour ouvrir un atelier de mécanique de précision à Paris. Ensemble, ils ont déposé, en 14 novembre 1896, un brevet majeur pour un « nouvel appareil pour l'obtention et la projection de la photographie animée ». Ils ont fondé la Manufacture Française d’Appareils de Précision,  en 1898, pour réaliser des dispositifs de haute précision pour l'industrie naissante du cinéma, collaborant notamment avec Charles Pathé. Vers 1900, René Bünzli a conçu des appareils de visionnage et réalisé quatre très courts films expérimentaux en relief de dix secondes chacun. Parallèlement à ses innovations pour le cinéma, René Bünzli était resté un mécanicien de précision .

Cliquez ici pour lire sa biographie, plus détaillée !

Les successeurs ont ajouté quelques constructions dans le jardin, qui n'ont pas le caractère architectural de la villa !

L'architecture de la maison

Nous empruntons à l'ouvrage Autour d'Orgeval de la boucle de Poissy au Pays de Cruye de la Direction régionale des Affaires Culturelles d'Île-de-France la description suivante, en la précisant et en l'illustrant :

[...] Le style de la maison évoque l'architecture française de la seconde moitié du XVIIIe siècle : façades blanches,

socle de bossages continus [saillies en pierre brute ou taillée à dessein sur le nu d'un mur pour servir d'ornement],

étage "noble" aux baies à la modénature [ornements moulurés] raffinée,

attique [étage qui termine la partie supérieure d'un édifice et qui n'a que la moitié ou, au plus, les deux tiers de l'étage inférieur] en partie droite ou balustrade à gauche,

frise de guirlandes de fruits enrubannés

ou bas-reliefs, représentant les Saisons.

Ces décors en stuc, réalisés en série d'après des modèles du XVIIIe siècle, sont fréquents dans la région parisienne.

Cependant l'asymétrie de la composition, les volumes décalés, la terrasse en partie haute (il faut ménager une vue vers la Seine, que des constructions obstruent de nos jours)

ou la grande baie du rez-de-chaussée ouvrant sur un balcon

sont autant d'adaptations dues à l'évolution de l'architecture domestique.

La véranda, qui n'existait pas à l'origine, ouvre la maison, sans la déparer, sur son magnifique jardin.

Le jardin et les vestiges du Parc

Un plan de 1983 situe divers ornements du jardin.

Certains vestiges tels que le kiosque (ou gloriette) et la pergola ont été bâtis lorsqu'Alfred Laumonier a fait aménager le jardin.

Deux autres, qui sont représentés sur divers plans du parc du château, avaient été construits lors des travaux de transformation, à l'initiative de Jean Baptiste Paradis

La tour est une fausse ruine en bon état !

La grotte et la source ressemblent à celles qui se situent dans l'actuel Parc Fauvel, bien qu'elles soient plus petites.

La grotte est le point de départ de l'un des souterrains qui, selon la tradition orale, auraient été creusés dans le centre du village.

L'eau de la source est canalisée, sous terre, pour rejoindre la rivière anglaise.

Une clause du contrat de vente à Alfred Laumonier  limitait à 2 m3 par 24 heures la quantité d'eau, issue de cette source, à laquelle il avait droit. En l'absence d'un robinet et d'un compteur,  comment a-t-il a pu respecter cette condition ? Celle-ci avait, vraisemblablement, le but de ne pas diminuer le débit de la source principale, utilisée à cette époque pour alimenter en eau les villas du Parc puis les abonnés du service municipal de distribution d'eau.

La quantité d'eau cédée, à titre gratuit, par M. Pichard du Page a, toutefois, été doublée en mai 1899 dans le cadre du règlement amiable d'une instance formée par le futur maire contre les vendeurs, relativement à la fermeture d'une grille et la modification du tracé d'une avenue.


La Buissonnière

Cette villa, comme les deux suivantes, a été construite au sommet d’un terrain pentu, avec une entrée rue des Écoles. Leur portail de l'avenue Foch permet de pénétrer dans leur jardin.

La villa

Les plans de la villa ont été publiés dans l'ouvrage Petites maisons pittoresques de Charles Bourgeois (1878-1941), Imprimerie d'architecture R. Ducher à Paris

Ils ont été dressés par Emile Molinié (1877–1964).

Pour connaître cet architecte et ses principales réalisations, cliquez ici !

La villa se distingue par son appareillage en moellons et pierres de taille aux tons clairs. Nous y trouvons l'attention portée par Emile Molinié aux textures, à la maçonnerie robuste et aux volumes sculpturaux.

Éléments architecturaux remarquables :

Sa frise "Art déco"

Cette belle décoration de la façade, du côté de la rue des Ecoles, est visible depuis cette rue. Elle a été réalisée selon le procédé sgraffito, technique de la Renaissance consistant à graver un dessin sur un revêtement de mortier coloré dans la masse, éventuellement posé en plusieurs couches de couleurs différentes, en le grattant pour faire apparaître des motifs en creux.

Le premier propriétaire




Le terrain (partie du lot 15 et lot 17) a été acquis, en 1902, par Auguste Jacques de Saint-Germain, propriétaire, habitant alors rue du Delta à Paris. Il a, vraisemblablement, fait construire la villa peu après.






Plan contenu dans l'acte notarié de la vente


La Brise

Cette villa se trouve au sommet d'un terrain en forte pente, entre la rue des Ecoles et l'avenue Foch.


P'tit You's home

La villa

La villa et son jardin pentu, vus de l'avenue Foch


La villa, vue du Parc du Dr Fauvel, voisin

Une caractéristique de cette maison est de posséder deux toitures à auvent, laissant supposer que ses premiers propriétaires voulaient la montrer de deux côtés.

Elle a été construite sur les lots  7 et 9 du plan de lotissement du parc du château.

Perché sur une colonne, un angelot surveille le jardin,
constitué d'une grande pelouse, entourée d'allées en fer à cheval.

Des décorations de la villa sont assez remarquables : une mosaïque sur un sol et un carreau  sur un mur extérieur.

Les premiers propriétaires

Des investisseurs fonciers abandonnant ou modifiant leur projet  ?

M. & Mme Samuel ont acheté le terrain le 14 octobre 1913 mais ils l'ont revendu 16 jours plus tard ! Adolphe Samuel, négociant parisien, n’avait-il pas l’intention de construire une villa, n'étant qu'un propriétaire très provisoire, ayant prêté son nom ? En fait, il semble qu'il ait bien bâti une villa mais sur une parcelle voisine, ayant changé d'avis ou bien suite à une erreur du notaire : il pourrait être le premier propriétaire de la villa "La Buissonnière".

Bien que la propriétaire suivante ait été proche de la bijouterie, aucun lien de parenté direct n'a pu être établi entre Adolphe Samuel et le joaillier Fred Samuel, qui a possédé une villa dans l'Île de Villennes : fondateur, en 1936, de la célèbre maison de haute joaillerie FRED (aujourd'hui, propriété du groupe LVMH), il était né en Argentine dans une famille d'émigrés français d'origine alsacienne et s'était installé à Paris dans les années 1930.

L'épouse d'un bijoutier parisien

Mme Louise Thomas, née Chalmandrier, était l'épouse de Louis Auguste Thomas, marchand bijoutier ; tous deux habitaient à Paris. Ce sont, certainement, eux qui ont fait construire la villa. Il est étonnant qu'ils aient utilisé la langue anglaise pour lui donner un nom.

La villa est restée dans leur famille, la propriétaire en 1980, Mlle Lucienne Thomas, étant certainement leur fille.


La Cascade



Cette villa est située de l'autre côté du Parc du Dr Fauvel, qui contient la grotte, vestige de l'ancien parc du château. Elle est très liée à l'eau  : celle de la grotte, qui alimente la rivière anglaise commençant par une cascade, et l'eau de la même source qui a été distribuée dans les villas construites dans ce parc puis dans l'ensemble de Villennes.

La villa, située entre l'Espace des Arts et le Parc Fauvel

Elle a été bâtie, en 1920, pour la société MM. Chanoit Frères, concessionnaire du service de distribution de l'eau, à partir de 1910, afin d'y loger son "représentant".

Lorsque les terrains et les installations ont été vendus, au début de l'année 1923, à la Société Lyonnaise des Eaux et de l'Eclairage, la villa en faisait partie. Elle est devenue le logement du directeur du centre de Poissy de cette société.