

Qui est le Président qui a donné son nom au chemin, appelé ensuite route et avenue, qui menait au château ?
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Cette rue a été nommée ainsi par les villageois en hommage à Pierre Paul Gilbert de Voisins, leur dernier seigneur, qui était président à mortier au Parlement de Paris. Sous l'ancien régime, les onze parlements étaient les plus hautes institutions de justice, équivalentes aux cours d'appel ; ils étaient organisés en chambres, comprenant des conseillers, des assesseurs de justice et des présidents (de séance). |
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Les présidents à mortier avaient acheté leur charge ou en avaient hérité ; ils étaient sous l'autorité du premier président, nommé par le roi. Le nom de leur fonction venait de la coiffure des juges toujours en vigueur. |
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Cette avenue est la première partie de cette ancienne route, entre l'intersection avec la rue du Port et la rue de la Ravine et celle avec la rue de Poissy et la rue Gallieni. Nous désignerons chaque côté de l'avenue, en fonction de sa position dans ce sens de progression. L'avenue du Président prit en 1923, dans cette partie basse, le nom du Tigre devenu le Père la Victoire. Georges Clemenceau ne fut pas élu à la présidence de la République mais nommé deux fois président du Conseil. |
Sur le côté gauche, les parcelles proviennent de la vente par lots de l'ancien potager du château et de la prairie de la Nourrée. Sur le côté droit, le lieu-dit, constitué de terres cultivables, était appelé Le Clos du Pape (ou Clos au Pape).

Il occupait l'espace actuel de la place de l'Église et de la place François Gourdon ainsi que celui du début de l'avenue Clemenceau, où se trouvent les commerces. Le potager a été vendu en 1887 par les propriétaires du château, Marie-Henriette Paradis et son second époux, Louis-Auguste Dupont.
Cette ancienne prairie s'étendait entre le chemin du Président et la Seine.
Le nom "Nourrée" se rencontre également dans d'autres communes du
département : Bennecourt et Chérence (situées en bordure de la Seine)
ainsi qu'à Oinville-sur-Montcient et à Nézel. Il serait dérivé du mot
"noue", qui a deux sens :
1. Ancien lit d'un cours d'eau où les eaux ont une tendance à revenir
en cas de débordement.
2. Par analogie, terre grasse et humide, servant à la pâture des
bestiaux.
Il est vraisemblable que la prairie de la Nourrée, souvent recouverte par les eaux de la Seine lors de ses crues, présentait les caractéristiques d'une terre grasse, humide et froide.
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La prairie n'avait pas été séquestrée après la Révolution comme les autres biens du seigneur Pierre Paul Gilbert de Voisins. Son fils et sa fille la vendirent en 1807 à Alexandre Prévost. Le terrain a été coupé en deux, traversé par les voies de la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Rouen. La partie principale fut vendue, en 1881, par un fils d'Alexandre Giraux, agriculteur villennois, qui l'avait acquise. La villa construite sur le premier des sept lots se trouve rue de Poissy. |

Ce nom, écrit "Le Clos au Pape" sur le plan du cadastre napoléonien de 1821, évoque un vignoble, qui aurait pu appartenir à l'abbaye, dont dépendait l'église Saint-Nicolas : les moines-vignerons bourguignons réservaient au pape leurs meilleurs vins provenant de la partie haute de leur clos et à l'évêque ceux venant du milieu ; ils buvaient eux-mêmes les moins bons, issus des vignes de la partie basse. Les vignes étaient nombreuses à Villennes, à la fin du XVIIIe siècle, en particulier de part et d'autre de l'actuel chemin des Groux.
La première partie du Clos au Pape avait été sortie du domaine seigneurial avant la Révolution : Pierre Paul Gilbert de Voisins avait vendu le terrain à Michel Conté et à son épouse, Suzanne Lamiraux, qui y ont construit certainement la première maison. L'autre partie du terrain, la plus grande, divisée au fil des successions, devint la propriété de la famille Binet.
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Qui a fait planter ces arbres bien alignés sur chacun des trottoirs ? C'était un propriétaire de plusieurs villas dans cette avenue : Émile Havez, le maire, avait proposé, pendant son court mandat en 1897, de les fournir ; le conseil municipal accepta à condition qu'ils fussent des tilleuls. |
De nombreux fils téléphoniques couraient sur les deux côtés. Dans les années 1950, ils y étaient encore.
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Par contre, les tilleuls avaient été enlevés devant les commerces, certainement pour faciliter leur accès et la circulation des piétons. En une décennie, la circulation avait fortement augmenté et dut être réglementée au moyen de deux panneaux : l'un interdisait de doubler ; l'autre, pas encore normalisé, portait déjà la mention "Attention 30 Km à l'heure". |
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La première maison, à l'angle de la rue du Port, était celle d'un plombier-couvreur, A. Truet, qui y avait son atelier. Spécialiste de l'hygiène, il proposait des installations
d'hydrothérapie. |
Les Villennois les plus anciens ont bien connu ses filles : Hélène qui a été l'une des institutrices du village et Irène, professeur de musique (lire les souvenirs de Mireille Passerat de La Chapelle).
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La sauge était-elle l'une des plantes qui étaient cultivées dans le jardin potager du château ?
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La propriétaire la plus célèbre a été, dans les années 1970, la comédienne Nicole Courcel. |
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Elle a joué dans de nombreux films, au cinéma et à la télévision, et dans divers théâtres :
- 42 films (1948-1979),
- 18 téléfilms (1955-2004),
- 18 pièces de théâtre (1952-1982).
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La villa suivante, non visible de la rue, a appartenu, dans les années 1950, à un dentiste de Poissy. Le Dr Célérier dispensait, un ou deux jours par semaine, des soins dans son cabinet, installé de manière rudimentaire dans une dépendance de cette maison. |
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Un jour, sortant rapidement d'un immeuble, il se heurta à une femme d'une quarantaine d'années, qui lâcha ses sacs emplis des provisions qu'elle venait d'acheter. Son exclamation "Goodness gracious !", lorsqu'elle le reconnut, indiquait son origine anglaise. S'excusant et l'aidant à ramasser ses affaires, il l'identifia à son tour et lui demanda : "Adjudant-chef Travers, ce coquetier vous avez fini par le trouver ?". Cette anecdote et leur rencontre en Italie après la libération de Rome ont été racontées par Susan Travers dans son ouvrage Tomorrow to be Brave, publié en France sous le titre Tant que dure le jour. |
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Ils se racontèrent, autour d'un café, ce qu'ils étaient devenus depuis les moments qu'ils avaient partagés en juin 1944. Le Dr Célérier avait épousé une fille de Maître Binet, notaire à Poissy, descendant d'une ancienne famille villennoise. Il devint le dentiste de Susan Travers, qui habitait depuis peu de temps dans la ruelle de la Lombarde. Cette femme, qui s'était illustrée à Bir Hakeim auprès du futur Général Koenig et a été la seule femme admise dans la Légion étrangère, y a résidé 17 ans.
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Qui était Elisabeth ? Certainement, une propriétaire de cette villa au toit à la
Mansart. ![]() |
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L'homme de lettres Pierre Decourcelle acquit, en décembre 1900, la villa alors nommée "Grand Trianon", reconnaissable par son toit en terrasse. Son propriétaire, Emile Havez, le maire qui habitait un peu plus loin, venait de décéder sans avoir pu finir sa construction. |
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Pierre Decourcelle a terminé les travaux de la villa et l'a nommée "Le Verger". |
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Les escaliers de bois entre la terrasse et le jardin ont
disparu. |
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L'aménagement intérieur a fait appel à de nombreuses courbes.
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La maison suivante, construite dans le style de la villa, ne fait plus partie de la même propriété ; elle a été baptisée récemment "Villa Marquise". |
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Ce bâtiment n'était pas la maison du gardien de la propriété de Pierre Decourcelle. Il est plus récent car il n'est pas visible sur cette photo d'une équipe d'ouvriers travaillant, vers 1910, sur les voies du chemin de fer. On y aperçoit la villa "Le Verger" et la suivante. |
Le maire, Emile Havez, qui habitait la villa "Beau Séjour", a fait construire cette maison sur une partie du terrain de la villa "Grand Trianon". La construction n'était pas entièrement terminée lors de son décès en 1899.
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Le locataire l'a alors achetée avec la caution de Mme Parvery : Henri Guillaume possédait et dirigeait l'hôtel Langham à Paris. Il confia à l'architecte Emile
Hurtré la construction et la décoration du
magnifique restaurant de son hôtel. |
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Henri Guillaume a fait transformer sa villa par le même
architecte, Emile Hurtré. Les deux petites fenêtres entourant la fenêtre centrale, ont pris la même dimension. La partie arrière de la villa, couverte d'un toit à la Mansart, a été allongée sur la gauche. Le petit bâtiment accolé sur la gauche, disposant d'une petite porte d'entrée, a disparu : il devait être le logement du personnel domestique. |
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D'autres décorations "art nouveau" ont été supprimées, un revêtement blanc couvrant uniformément toute la façade. Les plans d'Émile Hurtré sont parvenus jusqu'à nous.

Il a bâti la maison en meulière et brique de Vaugirard, les planchers étant en fer, les cheminées en faïence. De la rue, la maison semble assez petite. En fait, un niveau inférieur, donne accès au jardin.
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Malgré une extension et divers remaniements, nous retrouvons aujourd'hui la forme générale de la villa.
Elisabeth Garnier possédait avec son époux Alexandre Gibert, vigneron, un terrain de l'ancien potager, planté d'arbres fruitiers. Ils y avaient construit une maison : bâtiment élevé sur terre-plein, rez-de-chaussée formant sous-sol, étage divisé en deux pièces. Les propriétaires étaient originaires de Saint-Julien-du-Sault (Yonne), où ils s'étaient mariés en 1869.
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Suite à un jugement pour la vente sur licitation, le terrain a été adjugé, en 1894, à Louis Bouchené, dit Baron, artiste dramatique, qui venait d'acquérir la villa "Vista Bella" de la rue de Poissy, et à son épouse Claire Bouquari. |
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Une parcelle voisine a été acquise simultanément par Louis Baron d'Alexandre Chantelou et de son épouse, Marguerite Zentler, habitant à Poissy. Cette dernière en avait hérité de sa mère, Anne Clémence Gibert, maîtresse d'hôtel, veuve en premières noces d'Adolphe Joseph Brullée et, en secondes noces, de Jacob Zentler. Celui-ci avait acquis le terrain, lors de la vente par lots, en 1883, par la dernière propriétaire du château, Marie Henriette Paradis, comtesse de Labenne. Louis Bouchené, dit Baron, et son épouse avaient ainsi reconstitué le premier lot de l'ancien potager du château. Ils l'ont vendu, en 1898, à Emile Havez, certainement un de leurs amis du monde parisien du théâtre. |
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Ce plan résulte du bornage qui a été effectué en 1894, préalablement à la vente. |
À l'attention des propriétaires actuels : Le géomètre a scellé la borne A au pied du mur bordant le chemin de fer à l'intérieur des jardins. En roche dure, équarrie, scellée au plâtre avec garnis, elle repose sur une pièce de cinq centimes à l'effigie de Napoléon III lauré [orné de laurier] et au millésime de 1862. ![]() |
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Cette partie de la Résidence Gallieni-Clemenceau a été bâtie sur l'un des lots de la prairie de la Nourrée. Il avait été acquis par Emile Magitot pour étendre le terrain de la Villa de la Nourrée, qu'il avait fait construire de l'autre côté de l'avenue. |
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Nous pouvons toujours voir l'une des extrémités d'un passage souterrain sous l'avenue. Emile Magitot avait obtenu de la municipalité l'autorisation de le construire pour passer d'un côté à l'autre de sa propriété ; en contrepartie, il a dû payer à la commune la somme de 500 F, affectée à la construction de la rue de la Ravine. |
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De 1950 à 1955, le propriétaire de cette villa était le photographe Sam Levin, connu pour ses portraits de stars. Cliquez sur sa photo pour lire sa notice biographique. |
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Sam Levin était, en particulier, le photographe préféré de Jean
Renoir. Avait-il connu Villennes par lui, qui y venait certainement
rendre visite à son oncle, propriétaire de la villa "Beau Séjour",
voisine de "La Feuilleraie", celle-ci où il a habité ?
Au XXe siècle, la villa a été divisée en plusieurs
appartements. Dans l'un d'eux, nous avons découvert une œuvre très
étonnante.
Les images que nous présentons ici n'avaient pas pu être publiées depuis notre visite de cette maison en décembre 2005. Elles représentent des dessins trouvés sur les murs d'une pièce, lors de l'enlèvement du papier peint qui les avait recouvert. La qualité des photos, non panoramiques, réalisées sans éclairage, ne permettait pas de les montrer et de bien les étudier.
Le développement de l'intelligence artificielle nous a permis de restituer ces dessins, dont ceux qui constituent une "fresque" murale.
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C'est, vraisemblablement, une étude préparatoire pour un décor mural. La partie de droite a été interprétée et complétée par l'un de nos outils IA.
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Dans le deuxième essai, augmentant le contraste, une personne est
apparue, assise dans une loge de théâtre. Les figures
principales sont des acteurs (arlequins et personnages en costume
d'époque) se préparant sur scène, tandis que
l'esquisse de l'arrière-plan place toute la scène dans le contexte
du théâtre.
Reconstituons cette esquisse d'une "fresque" murale, qui nous fait
penser à une scène de la Commedia dell'arte.
Nous avons soumis ce dessin à deux outils IA afin de tenter d'identifier son auteur.
1. Analyse des personnages représentés
Le premier s'est basé sur ces caractéristiques : le trait est vif et l'anatomie est traitée avec une précision d'étude, presque comme des planches anatomiques ; le thème des personnages masqués, comme l'Arlequin, est très classique. Trois noms d'artistes connus sont apparus, comme pouvant être associés à ce type de dessin : Edgar Degas, Pablo Picasso et Eugène Delacroix. Seul le deuxième a vécu à l'époque à laquelle ces dessins auraient été réalisés.
Pablo Picasso a abondamment exploré le thème de la Commedia dell'arte à différentes étapes de sa carrière :
Période Bleue et Rose (1901-1906) : Les figures d'Arlequin, Pierrot et des saltimbanques y apparaissent comme des figures mélancoliques et marginales.
Période Néoclassique (années 1910-1920) : À la suite de sa
collaboration avec les Ballets Russes pour le spectacle Pulcinella
(1920), Picasso a réalisé de nombreux dessins au trait d'une
grande précision représentant ces personnages masqués et costumés.
La période bleue semble mieux correspondre au style de cette œuvre.
C'était l'avis des propriétaires de l'appartement qui nous l'ont
montrée et nous ont permis de la photographier.
2. Ajout du contexte historique
Ces arguments pour son attribution ne nous semblant pas satisfaisants, nous avons continué l'enquête avec un autre outil IA, plus compétent, semble-t-il, pour l'analyse d'œuvres artistiques. Un détail que nous lui avons communiqué, le nom du propriétaire de la villa dans les années 1950 a orienté son choix, parmi ses quatre propositions, vers l'affichiste Paul Colin. Il a procédé comme le ferait un historien de l’art : analyse du trait, analyse des corps, analyse des poses, analyse de la composition, analyse du thème, analyse du contexte historique et conclusion argumentée. Voici analyse documentée :
1. Le trait : fusain nerveux, lignes rapides, modelé léger
Trait charbonneux, probablement fusain ou crayon gras ; lignes rapides, nerveuses, mais maîtrisées ; pas de remplissage, pas d’aplats : dessin d’esquisse, non pas une fresque peinte ; contours souples, jamais anguleux.
Dans ses esquisses, Paul Colin utilisait exactement ce type de trait : fusain, crayon gras, encre sèche, lignes rapides et nerveuses. Ses dessins préparatoires étaient non colorés, très proches de la fresque étudiée.2. Les corps : silhouettes stylisées, élancées, théâtrales
Corps allongés, très stylisés ; proportions légèrement exagérées (bras longs, torses étirés) ; pas de réalisme anatomique strict ; silhouettes théâtrales, posées comme sur une scène.
C’est la signature de Paul Colin : silhouettes élancées, proportions stylisées, poses exagérées, corps scéniques, jamais naturalistes.3. Les poses : commedia dell’arte, pantomime, théâtre populaire
Personnage à gauche : Pierrot / Arlequin, avec un cube → pantomime ; danseuse assise : pose chorégraphique ; enfant au cerceau : motif de théâtre populaire ; personnage musclé : pose héroïque, comme dans les troupes de commedia ; deux personnages à droite : dialogue scénique.
Paul Colin est l’un des rares artistes du XXᵉ siècle à avoir représenté la Commedia dell’arte en frise panoramique. Il a dessiné les personnages suivants : Arlequin, Pierrot, Colombine, danseurs, acrobates, enfants de scène, personnages en pose théâtrale.4. La composition : frise horizontale, personnages isolés mais liés
Composition linéaire, horizontale ; personnages isolés, chacun dans sa pose, mais tous alignés comme sur une scène de théâtre ; pas de décor, pas de profondeur.
Les frises de Paul Colin sont exactement construites ainsi : personnages isolés, alignés en bande, poses successives, absence de décor, narration par les corps.5. Le thème : Commedia dell’arte + danse + pantomime
Les sujets de la fresque sont les suivants : Commedia dell’arte (Pierrot, Arlequin, Colombine), danse, pantomime, théâtre populaire.
Paul Colin les a tous illustrés dans les années 1925–1955. Ses dessins de commedia sont en noir et blanc, très proches de la fresque.
Il a travaillé pour les Ballets de Paris, les Folies Bergère, le théâtre et le music-hall.6. Le contexte historique : Sam Levin à la villa "La Feuilleraie"
C’est le point décisif.
Sam Levin était photographe des artistes de scène, ami et collaborateur de Paul Colin : il a photographié les danseurs, acrobates, artistes que l'affichiste dessinait. Alors qu'il habitait à Villennes dans les années 1950, il recevait chez lui divers artistes, dont certains avec lesquels Paul Colin avait collaboré. Celui-ci a décoré des intérieurs privés et a réalisé des frises murales dans des villas.
3. Tentative d'attribution
En conclusion, notre "expert" a résumé ainsi son attribution à
Paul Colin (1892–1985), dans les années 1945–1955 :
La fresque murale de la villa "La Feuilleraie", représentant des personnages de la Commedia dell’arte, pourrait être attribuée à l’artiste Paul Colin. Le style, le trait, la composition en frise, les silhouettes stylisées et le thème correspondent étroitement à ses esquisses des années 1930–1950. Le contexte historique renforce cette hypothèse : Sam Levin, propriétaire de la villa dans les années 1950, évoluait dans les mêmes milieux artistiques que Paul Colin. Cette attribution reste à confirmer par les institutions conservant les archives de l’artiste.
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Il nous restait à trouver quelques dessins et esquisses d'œuvres de Paul Colin, pouvant confirmer cette hypothèse. Cliquez sur la première image afin d'en voir d'autres ! |
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Paul Colin, qui était un grand affichiste, a été aussi un costumier et décorateur de théâtre. Il a, également, collaboré aux décors des films Un Carnet de bal de Julien Duvivier et Les Misérables de Raymond Bernard. Auteur de la célèbre affiche pour la Revue nègre, il a illustré Les Mémoires de Joséphine Baker. Sam Levin et Paul Colin ont travaillé simultanément sur les
mêmes productions artistiques, chacun dans son domaine : |
Cette villa, qui a conservé son nom, a, toutefois, subi diverses transformations.
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Elle est, aujourd'hui, identifiable par son beau pigeonnier. |
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L'aspect actuel de la maison laisse penser que sa photo a été imprimée à l'envers sur la carte postale reproduite ci-contre. Cliquez sur l'image pour la retourner ! |
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Qui était M. Beaucamp, l'un des premiers propriétaires de la villa suivante ? Peut-être, un organiste très connu au début du XXe siècle. |
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M. Noé, gérant de la supérette puis poissonnier, a été plus tard propriétaire de cette maison. |
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Ce n'est pas un pigeonnier, muni de volets mais une citerne qui domine la dernière villa de ce côté de l'avenue. |
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L'arrière de la villa |
Cette villa a,
vraisemblablement, été bâtie pour ces deux personnes, mariées
à Paris en 1877 : |
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La première maison après les commerces a été construite sur un terrain voisin vendu, en 1879, par la veuve du journaliste financier Jean Baptiste Paradis, dix ans après leur acquisition du château. |
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La maison qui y avait étébâtie est vraisemblablement celle représentée sur une carte postale expédiée en 1903. Le bâtiment principal se distingue par une façade symétrique
à trois niveaux, dotée d'une avancée centrale polygonale en
forme de bow-window. Les fenêtres hautes du premier et du
second étage possèdent des balustrades métalliques typiques de
l'époque. |
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Le vaste jardin paysager est parcouru par une allée gravillonnée, circulaire en fer à cheval. Sur la photo, nous distinguons deux femmes, membres du personnel de la maison. Une rangée d'arbres taillés en rideau encadre la terrasse de la villa.
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Cette villa a-t-elle été démolie et remplacée ? Ou bien a-t-elle, plutôt, été fortement remaniée par un architecte pisciacais réputé, qui a remplacé son étage supérieur par une une terrasse ? En effet, la plaque-signature de Théophile Bourgeois, qui a bâti de nombreuses villas à Villennes, est toujours visible sur le mur en bordure de l'avenue. |
La propriétaire qui a vraisemblablement fait bâtir la maison, Ursule Désirée Berthau, était fleuriste ; il n'est donc pas étonnant qu'elle ait baptisée sa villa "La maison fleurie". Ses parents fabriquaient des jouets. Née à Paris en 1828, elle décéda à Triel-sur-Seine en 1906.
Son époux est plus connu : Georges Jauret, journaliste et écrivain. Il a certainement connu le précédent propriétaire, Jean Baptiste Paradis, rédacteur des deux journaux La Presse et Le Bien-être universel, dont il a été l'un des collaborateurs.
Cette imposante maison devint, ensuite, la propriété de l'associé d'un agent de change parisien, Antoine de Perpigna. La charge d'agent de change à la Bourse de Paris était alors prestigieuse et très fermée. C'était un privilège d'État strictement réglementé, limité à un numerus clausus de 60, puis 70. Leur fonction était de gérer les portefeuilles de la haute aristocratie et des grands industriels de l'époque.
Emmanuel Dubreuil, beau-frère de Benoît Redaux, propriétaire de la ferme de Marolles et maire, acquit ensuite la maison. Elle disposait de communs, d'une serre et d'une salle de bains indépendante.
Le propriétaire rejoignit dans le caveau familial, à la fin de l'année 1900, son gendre Aquilas Cauchoix, devenu propriétaire de Marolles et maire, qui l'y avait précédé quelques mois plus tôt. C'est donc son petit-fils Aquilas Henri Cauchoix, qui hérita de la maison ainsi que de la ferme de Marolles mais il se sépara de cette propriété, après avoir fait reconstruire le logis de la ferme. Il se fit élire maire, à son tour.
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Raoul Parigot a été propriétaire de cette maison
jusqu'en 1935. En 1927, il avait succédé, avec son associé M.
Laurent, aux fondateurs de l'Agence Mirgon. |
Nous reconnaissons la maison actuelle sur plusieurs cartes postales, où elle est présentée après la Seconde Guerre mondiale. Elle avait alors été aménagée en aerium de la Croix-Rouge.
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Cet établissement sanitaire et social accueillait des enfants pour des séjours de repos au grand air.
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Bien que la maison ait été remaniée, elle a conservé sa
forme particulière. Redevenue une habitation, elle
possède toujours un grand jardin très fleuri. |
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![]() L'Orangerie était le premier nom de cette villa.
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Elle est la première des deux maisons mitoyennes actuelles, qui constituaient un seul bâtiment à l'origine, en face du potager du château. |
Elle consistait, en 1866, en un principal corps de bâtiment ayant trois pièces au rez-de-chaussée, trois chambres au premier étage, grenier au dessus, combles couvert de tuiles. Grange en retour derrière le corps de bâtiment, cave sous maison et grange.
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Une extension a été construite, dans le jardin, à l'arrière de la maison. |
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Dans la cave voûtée furent mises au jour, vers 1915, deux sépultures décrites par Marcel Mirgon : ces sarcophages, grossièrement taillés dans la pierre du pays, contenaient, l'un les restes d'un adulte, l'autre ceux d'un enfant, quelques poteries. |
La maison appartint successivement, de 1909 à 1924, à trois architectes, dont Lucien Desnues qui a construit le presbytère de Villennes. Architecte en chef de la ville de Paris, il eut d'importantes responsabilités dans l'organisation des Jeux Olympiques de 1924 et de l'Exposition coloniale de 1931.
Antoine de Perpigna, qui possédait la maison voisine, lui a vendu le jardin situé de l'autre côté de la rue avec cette obligation :
Ne pas planter des arbres à plus de 1 mètre au dessus de la clôture coté rue du Président [...] et de ne pas gêner la vue de la propriété de Monsieur de Perpigna.
Lucien Desnues a loué sa maison à Edouard Comboul qui y résidait entre ses séjours à l'étranger. Après avoir découvert et exploité des mines d'or en Guyane française puis en Suisse, il s'est consacré à la mise en valeur des ressources aurifères de l'Abyssinie, devenue l'Éthiopie.
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Appelée autrefois "Villa des Falaises", la maison mitoyenne de la précédente partage la même histoire. |
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La présence de ce blason sur un mur de la maison n'a pas été
expliquée. Voici quelques indices. |
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L'un des anciens propriétaires, Henri Bernardeau, aurait pu rapporter
ce marbre d'un voyage d'étude en Italie ou l'acquérir lors d'une vente
à Paris.
Dans l'acte de la vente de 1947, la maison a été décrite ainsi :
Un corps de bâtiment élevé partie sur cave et partie sur terre plein d'un rez de chaussée, comprenant
Une entrée, grand salon, salle a manger, cuisine et office,
Un premier étage carré comprenant quatre chambres à coucher, un cabinet à débarras et une salle de bains,
Et d'un deuxième étage lambrissé, comprenant deux chambres et un débarras,
Le tout couvert en tuiles.
Derrière ladite maison, petit pavillon composé d'une chambre d'ami, relié par une pente avec escalier particulier pour y accéder. Deux remises pour le bois.
Deux caveaux et un souterrain conduisant à une source, cabinet dans l'un des cuveaux.
Jardin d'agrément et potager avec bassin pour lavage et arrosage et fontaine.
La villa a appartenu à la famille Binet, qui possédait de nombreux terrains à Villennes, en particulier dans le Clos du pape et le Bois des Falaises. Après Martin Alexandre Binet, décédé en mars 1884, elle est revenue à son fils, Edouard Louis Antoine.
Le Docteur Edouard Binet était médecin de l'Hospice national des Quinze-Vingts. Il était officier de l'Instruction publique. Après son décès en février 1916, son épouse a hérité de la maison.
La maison a été acquise par Henri
Bernardeau, un avocat qui a laissé de nombreuses œuvres
picturales de qualité, dont plusieurs réalisées à Villennes.
Marie Georges Henri Bernardeau (1867-1946) a été avocat à la Cour
d’appel de Paris à partir de 1895. Il a été rédacteur à La Revue
diplomatique et au Moniteur des Consulats. Devenu
avocat honoraire, il s'est consacré à la peinture et a été
membre de la Société des artistes français. Cette vocation lui
était-elle venue lorsqu'il était avocat-conseil auprès du ministère
des Beaux-Arts ?
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Très intégré dans les cercles officiels de la IIIe République, il a été fait Chevalier de la Légion d'honneur et Officier de l'Instruction publique. |
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Ses peintures sont présentes dans les collections des musées d'Orléans et de Tours ainsi qu'au Musée Carnavalet à Paris. Il était, surtout, aquarelliste, spécialisé dans les paysages ruraux, les scènes de bords de l'eau et les paysages urbains. Parmi ses œuvres réalisées à Villennes figurent Le clocher du village et une aquarelle, représentant la Seine et le pont de l'île, revenue à Villennes, suite à une alerte de l'ACV, la mémoire de Villennes.
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Après son décès, en février 1946, sans descendant ni descendant, son légataire universel l'a mise en vente.
André Létang, industriel
Le propriétaire suivant a été Jacques André Létang, héritier et dirigeant avec ses deux frères d'une très ancienne société fabriquant des moules pour chocolat.
Il possédait la villa "Les Groux", dans la rue Gallieni. |
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Après la Seconde Guerre mondiale, la villa Clairefontaine a été la
propriété du Docteur
Fernand Hanon, gynécologue, l'un des "accoucheurs" de la France
libre, premier président de l'Association Culturelle de Villennes.
Ses actions pendant la guerre avaient été remarquables. Entré
dans la Résistance, il a rejoint, à Londres, le général de Gaulle et
les hommes de la France libre. Il avait pris la responsabilité d'un
service des renseignements non militaires, : il s'occupait des
liaisons, au moyen de parachutages et de débarquements d'agents
clandestins puis d'atterrissages de petits avions, et des
transmissions par radio.
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Le grand terrain qui occupe l'angle entre l'avenue Clemenceau et la rue Gallieni est devenu la Résidence Gallieni-Clemenceau. La villa de la Nourrée a été détruite avant la construction de ses immeubles. Elle était devenue un restaurant, l'Hostellerie de la Nourrée, appelée également le Country-Club de la Nourrée et Eden-Roc. C'est pourquoi cette ancienne villa est présentée dans la page relative aux restaurants de l'intérieur du village. |