

Le plan d'intendance de 1786 montre qu'une seule voie permettait alors d'aller de Poissy à Médan, en contournant le village, l'autre route aboutissant au château. Nous pouvons y distinguer trois parties successives :
- La traversée de terres labourables (en rose) : la route traversait des champs en pente du coteau vers la Seine, seule la zone entourant la ravine n'étant pas cultivée ;
- Le passage le long du village : les terres labourables se poursuivaient, à gauche, jusqu'à une ferme, le village étant concentré sur la droite entre la route et le parc du château ;
- La traversée de vignes (en jaune) : le chemin de Villaines à Médan était entourée de vignes.

En 1821, année d'établissement du cadastre Napoléonien, la zone urbanisée ne s'était qu'un peu étendue à ses deux extrémités. Les terrains agricoles et les vignes apparaissent morcelés en longues parcelles, résultant vraisemblablement des successions familiales.
Ce plan indique les noms de cette voie de circulation et des différents lieux-dits traversés dans les trois parties :
- Chemin du Clos du pape : Sous la Garenne et la Cote à Moteron, à gauche ; le Clos du Pape et les Closeaux, à droite

- Rue de Médan : Sur les Clos, à gauche ; le village, à droite

- Chemin de Vilaines à Médan : la Cotaillonne, les Petites Jachères et la Carrière à Dijon, à gauche ; le Coquart et les Bornes, à droite.

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Les cartes postales du début du XXe siècle nous montrent la route en plusieurs endroits, en particulier en bordure des villas qui ont été construites à la place de terres labourables.
Traversez Villennes avant 1910, par la route de Médan, avec l'une des premières automobiles, en charrette ou à pied.
La route a été appelée "rue Gallieni" à partir de 1923 ; sa deuxième partie a pris le nom de "rue du Maréchal Leclerc" après la Seconde Guerre mondiale. Parcourons la rue Gallieni à partir du carrefour de son début ! |
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Sur cette photo prise vers 1906 depuis la sente des Petits Groux, la villa Brimborion, se trouve à droite. Elle fut renommée ultérieurement "Les Groux", par un propriétaire qui n'appréciait peut-être pas son nom, désignant une chose sans valeur et sans utilité. |
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![]() La maison de gardien, en bordure de la rue, est joliment ornée de chardons ; ces plantes pouvaient se trouver en abondance sur le terrain situé au dessus sur le plateau, appelé "Les Groux" en raison de sa nature caillouteuse. |
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A gauche sur cette photo prise de la rue, au début du siècle
dernier, la villa Brimborion, construite en 1895, a été
ensuite remaniée plusieurs fois. |
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Une maison d'industrielsLéon BarbièreCette villa a été la propriété de Léon Barbière (1861-1945), ingénieur de l'Ecole Centrale, qui a fait toute sa carrière à la Société des Constructions des Batignolles : ingénieur puis directeur du service technique des travaux publics et administrateur, Il a, notamment, dirigé la construction des chemins de fer helléniques. |
André LétangLa villa a appartenu, plus tard, à André Létang, dont les deux frères, Marcel et Henri, étaient également propriétaires d’une villa à Villennes (chemin de la Nourrée et à la Clémenterie). Tous les trois étaient les héritiers et les dirigeants, depuis 1917, d’une société industrielle très spécialisée : la maison Létang fabriquait des moules pour chocolat, depuis sa fondation en 1832 par Jean-Baptiste Létang. Elle fut distinguée pour ses moules en fer blanc à l’exposition universelle de Londres en 1855 et à toutes celles de Paris, de 1867 à 1900. |
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Lucienne Watier, l'épouse d'André Létang, n'a pas été forgée dans le même moule que sa belle-famille. C'est son activité d'"impresario" d'acteurs célèbres, tels que François Périer, Marie Daems, Gérard Philippe et Jean Marais, qui l'a conduite à les inviter dans sa maison de Villennes.
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Cette carte postale, expédiée en 1908, montre, à gauche, le portail de la villa "La Sapinière" et sa maison de gardien, avec sa tourelle. |
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Derrière le portail, nous pouvons apercevoir cette grande villa anglo-normande, construite vraisemblablement par l'architecte Théophile Bourgeois. Madame PrévostQui était Adrien Prévost, dont la veuve fortunée lui a permis de construire cette maison en 1896 ? L'hypothèse suivante reste à être confirmée. Ce buste, sculpté par Jean Jules Cambos pour le Musée du Louvre et conservé au Musée d'Orsay, représente Adrien Prévost de Longpérier (1816-1882), archéologue originaire de Meaux. |
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Numismate, il entra en 1836 au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Royale. Il fut nommé en 1847 conservateur des Antiques au musée du Louvre, et a alors installé les premières sculptures assyriennes arrivées en France. Responsable des antiquités classiques, il se tourna aussi vers les arts de l'Amérique et vers la Préhistoire, participant à la commission de création du musée de Saint-Germain-en Laye. Conservateur des sculptures du Louvre, il s'intéressait aux arts vivants, prenant part aux commissions chargées de désigner les artistes appelés à recevoir commande du décor du Louvre de Napoléon III. Il a été membre, à partir de 1854, de l'Académie des inscriptions et belles lettres. |
Il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1885. Il a été président du Syndicat d'Initiative de Villennes et le premier dirigeant de la Société d'Electricité de Villennes. |
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Il céda la villa à son fils Roger, également ingénieur, faisant construire, à côté, une petite maison avant de bâtir "Le Manoir" et ses communs. |
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Le propriétaire suivant possédait, certainement avec un associé M. Winter, une société de mercerie en gros. Son magasin se trouvait à Paris, Boulevard de Sébastopol. |
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Le dirigeant d'un armement familial rochelais, la Compagnie de navigation d'Orbigny, acquit la villa en 1940. Marcel Capelle y a mis ses employés parisiens à l'abri pendant la deuxième guerre mondiale. La villa est restée la propriété de sa société jusqu'en 1968. |
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Pour voir d'autres photos prises en 2009, lors d'une visite avec les propriétaires et des descendants de Marcel Capelle, cliquez sur la photo ! |
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Le nom de la villa, qui se cache à l'écart de la rue, est gravé au dessus d'une porte très caractéristique.
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Le premier propriétaire, Léon Francq, et sa famille ont posé, vers 1908, sur le chemin montant vers la villa à partir de cette porte. |
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Nous les retrouvons, avec leur jardinier, sur le pont situé en face de la maison où ce dernier était logé avec le concierge. |
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En dessous, se trouvaient la cuisinière et le cocher, ainsi que la femme de chambre, le concierge, et un autre membre du personnel. L'un d'eux était peut-être l'époux de la cuisinière, |
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Le beau logement du jardinier et du concierge est toujours visible en bordure de la rue Gallieni, ainsi que le pont dont la balustrade en ciment armé est typique de l'époque de sa construction.
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Par contre, la villa qui a été plusieurs fois remaniée, au fil du temps, ne se laisse pas entièrement découvrir depuis la rue.
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Le Manoir est entouré d'un parc arboré de presque 10 000 m². Il a été aménagé, en 1901, par l'architecte-paysagiste Edouard Redont (1862-1942), tandis que l'architecte Louis Granet (1852-1935) construisait une écurie, une remise et une sellerie, une serre et la maison du jardinier et du concierge. |
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Le rez-de-chaussée comprend une grande salle de réception ; l'escalier monumental qui dessert les deux étages a été conçu par Robert Mallet-Stevens.
Cette structure moderne, géométrique et épurée crée un contraste avec le caractère traditionnel de la bâtisse. La structure de la cage d'escalier est conforme au style du célèbre architecte : lignes strictes, angles nets et absence totale de fioritures. Conçu pour structurer le hall "cathédrale", l'escalier n'a pas qu'un rôle fonctionnel de transition vers les étages. Il constitue une véritable sculpture centrale, captant la lumière traversante pour souligner les volumes de la pièce de réception. |
La villa "Le Manoir", construite par Léon Francq, fut acquise par Lucien Strauss, en 1926, une année faste de l'architecte Robert Mallet-Stevens, auquel il a confié la réalisation de l'escalier monumental.
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Lucien Strauss était un joaillier parisien. Il avait établi la prospérité de sa maison au cœur du quartier historique du commerce de gros et de la bijouterie à Paris.
La villa au XXe siècle |
La villa vers
1930
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A la fin du XXe siècle, elle a été la propriété de Jean-Pierre Peyraud, directeur de la banque Rivaud, avant qu'il quitte Villennes pour le domaine viticole de Romanin. Celui-ci, situé à Saint-Rémy-de-Provence, a été, après son décès, exploité par son épouse Colette ; elle était connue à Villennes pour son engagement dans une association caritative. "Le Manoir" a reçu souvent la visite de Jean Cocteau : tandis que le banquier gérait ses biens, son épouse assurait son secrétariat. Les voisins de l'ancien banquier étaient priés de ne pas laisser leur voiture garée près de la villa lorsque l'un de ses amis, connu depuis bien plus de 50 ans, allait venir incognito : le président de la République, Jacques Chirac. |
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La villa suivante et les deux situées, en face, de l'autre côté de la rue, sont représentées sur le plan-relief, contrairement aux précédentes : elles ont, en effet, été bâties avant 1896. Nous avons trouvé d'étonnants liens entre des propriétaires de ces villas ; une autre relation avec l'un des propriétaires de la Villa de la Nourrée voisine laisse penser que chaque propriétaire a été à l'origine de l'arrivée d'autres Parisiens à Villennes. |
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La maison
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L'aspect de la maison a changé depuis les années 1940 et 1950. Ces photos nous ont été communiquées par Mireille Passerat de La Chapelle qui était cette jeune fille et y a habité, ensuite, encore pendant de nombreuses années. |
La villa a conservé un parc magnifique qui avait remplacé des terres agricoles. |
La maison remplaça, en 1867, un petit bâtiment ne comprenant que deux pièces, au milieu de champs et d'une vigne, rassemblés par le maire Eléonore Binet. L'une des parcelles avait appartenu à Virginie Moulard, divorcée du perruquier Pierre Marcel, détenu au bagne de Toulon pour un cambriolage à la Clémenterie.
Frédéric Etienne Geerinckx, qui construisit la maison, était certainement, comme son père Paul Achille Etienne et son fils Paul Frédéric qui y habita ensuite, un arquebusier : ce nom désigne encore dans leur pays d'origine, la Belgique, les fabricants d'armes de collection.
![]() Frédéric Geerinckx, né le 11/5/1786 à Appels, fut nommé chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur en décembre 1831. |
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Son fils Paul Geerinckx avait succédé à l'arquebusier Alfred Gauvain, qui proposait à ses clients de s'exercer au tir de salon à proximité de son atelier et de son magasin (93 bd Montparnasse). Le ministère des Affaires étrangères utilisait leurs pistolets comme cadeaux diplomatiques. Les canons et les parties métalliques étaient ornées de ciselures et de dorures ; les montures, en ébène, étaient souvent sculptées de pampres de vigne. |
Ces pistolets de duel avaient été fabriqués par Paul Geerinckx. |
Il a exposé à Londres en 1862 et à Paris en 1867 et 1878 ses armes de collection, telles que ces pistolets et ce fusil.
Détail
d'un fusil à broche cal 16, signé par Paul Geerinckx |
Crosse anglaise quadrillée en noyer. Bascule à double clé type Lefaucheux sans aucun jeu, platines signées Geerinckx, longue sous-garde et longue queue de culasse. Canons en damas fin, couleur tabac, fournis par Léopold Bernard, canonnier à Paris. |
Après le décès de Paul Geerinckx, son épouse Marie Mélanie Girot lui a succédé comme arquebusière.
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Elle dut mettre la maison en vente en mars 1897. La vente aux enchères eut lieu à la bougie, le dimanche 25 avril, dans l'école des garçons de Villennes. L'affiche qui l'annonçait nous donne une description de la maison et de son terrain, d'une contenance de deux mille cent quinze mètres carrés environ : |
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Cave voûtée sous une partie du rez-de-chaussée, salle à manger, cuisine et petite pièce servant de bureau et vestibule audit rez-de-chaussée ; au premier étage, trois chambres à coucher et grenier au dessus couvert d'ardoises. Cour devant et jardin derrière dans lesquels il existe un petit bâtiment servant de buanderie, une cabane à lapins et une pompe à eau. |
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Le terrain à l'arrière et sur un côté appartenait toujours à la veuve d'Eléonore Binet.
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Le propriétaire de la Villa de la Nourrée voisine, Émile Magitot, fut certainement informé de la vente. En effet, l'acquéreur fut le docteur Anthelme Combe, stomatologue comme lui, dont il avait été l'élève. Sa thèse avait eu, en 1879, pour sujet : De l'acide arsénieux dans ses applications à la thérapeutique de la carie dentaire. Il était l'auteur d'un ouvrage publié en 1891 par Alcan : Deux cents opérations de petite chirurgie de la bouche pratiquées à l'aide de la cocaïne, en injections. Résultats, mode d'emploi, avantages sur le chloroforme, conclusions. |
Anthelme Combe a épousé Jeanne Elisa Roquencourt, qui était vraisemblablement la fille de son voisin, Victor Armand Roquencourt (parfois écrit Rocquencourt), comme nous l'apprend le contrat de vente du château de Villennes par Marie Henriette Paradis et son époux, Louis Auguste Dupont, à Hippolyte Pichard du Page. De nombreuses hypothèques provenaient de prêts consentis par plusieurs personnes, dont Victor Armand Roquencourt en 1890. Après son décès, sa fille Jeanne Elisa Combe était devenue l'une des créancières.
Plus d'informations, notamment sur les amis de la famille, en cliquant ici.

En effet, il était également le premier propriétaire de la villa La Pêcherie, rue du Pont.
Victor Rocquencourt, auquel il vendit La Bicochette, avait fait
construire, comme le premier arquebusier de La Collinette, une maison
sur le chemin de Seine (devenu le sentier du Bord de l'eau). Tous ces
Parisiens devaient pratiquer le canotage à proximité des Bigochets,
les îlots qu'évoquent le nom de cette villa.
Il n'a conservé la villa que quatre ans après l'avoir fait construire
en 1880.
En fait, Clarence Saint-Martin avait vendu la villa à Emilie Pascaline Colombier, qui était vraisemblablement l'épouse de Victor Armand Roquencourt.
Ce second propriétaire de la villa avait prévu d'en construire une sur un autre terrain à Villennes : Hippolyte Pichard du Page, le lotisseur de parc du château, avait réservé à Victor Armand Roquencourt un lot qui ne faisait pas partie de ceux mis en vente : à l'extrémité du parc du côté de Médan, le terrain où fut ensuite bâtie la villa Marie Isabelle.
Qui était Victor Armand Roquencourt, négociant domicilié à Paris, 11 bis rue Portalis ? Selon le Bulletin des sciences naturelles de l'ouest, au numéro 11 de cette rue, habitait en 1891 un M. Roquencourt, directeur des ardoisières de la Rivière, près Renazé.
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La Gazette de Londres nous apprend, dans son édition du 19 mars 1872, qu'un Parisien portant ce nom et ces prénoms, habitant alors 9 rue Tracy, avait inventé un appareil perfectionné pour la fabrication de fleurs artificielles. Il s'agit donc du fabricant de fleurs artificielles qui s'est illustré à l'occasion de la visite du tsar, comme l'a écrit Mathieu Marmouget dans son mémoire de maîtrise (Paris X Nanterre, 1997) : La visite du Tsar Nicolas II à Paris. 5-9 octobre 1896. |
[...] Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’esprit qui domine pendant la visite du Tsar semble fêter cette reprise avec toute la magnificence et l’ingéniosité dont les industriels, les entrepreneurs et les commerçants sont capables. Les grandes maisons parisiennes saisissent tout de suite la publicité dont elles peuvent bénéficier à cette occasion. [...] Mais le plus surprenant, ce sont les « deux inventions » dont bénéficient les boulevards et les places, « les arbres fleuris et les globes de Celluloïd qui ont le double avantage de la joliesse et du bon marché ».
Les fleurs artificielles.
Obliger l’automne à rétrograder pour ne pas heurter la vue du Tsar par des branches dégarnies, voilà l’origine des fleurs artificielles qui décorent Paris durant ces 5 jours. L’idée en revient à un certain M. Roquencourt, fabricant de fleurs artificielles à Paris, qui courut chez Belloir (organisateur des fêtes) dès que les premiers bruits de visite prirent consistance. Le 25 septembre, l’affaire était entendue. M. Roquencourt estima à 100 000 le nombre de fleurs nécessaires pour orner les 50 marronniers du Rond Point des Champs-Elysées. Le personnel s’avérait insuffisant, il fallut embaucher rapidement une centaine d’ouvrières et des dizaines de « gamins de bonne volonté, choisis parmi les plus agiles et les plus fluets » pour les fixer. En variant les nuances des feuilles coupées il fut facile d’obtenir des roses (qui étaient le modèle le plus facile et donc le plus rapide à exécuter) de couleurs diverses. Le 4 octobre, la pose était à peine terminée que la pluie commençait à tomber. En fait, l’ondée en atténuant les tons trop criards des couleurs chimiques avait eu un effet plutôt heureux et pas une fleur n’était tombée. Les réactions furent enthousiastes, même chez ceux qui étaient le plus sceptique au départ.
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Victor Armand Roquencourt fit construire une serre en 1890 ; c'était, peut-être, afin de cultiver des fleurs, dont il s'inspirait pour réaliser ses fleurs artificielles. |
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La Bicochette a conservé les balustrades en bois de ses grands balcons.
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Son clocheton est aussi toujours présent. |
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Ses boiseries intérieures restent remarquables. |
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Celles de l'ancienne salle de billard et ses vitraux lui donnent l'apparence d'une chapelle. |
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La villaSon premier propriétaire a donné son nom à sa résidence villennoise. La villa occupe une position élevée en retrait de la rue Gallieni ; la grille de l'entrée se situe à l'extrémité d'un plan incliné. |
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Une parcelle de terrain appartenant aux propriétaires de la villa était enclavée dans la propriété voisine, Le Manoir, appartenant alors à Léon Francq. Elle fut échangée, en 1901, contre deux bandes étroites. |
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Bizarrement, nous retrouvons sur une fronton de la villa la même sculpture que celle qui orne celui d'un bâtiment de la villa La Bigochette, située en face (photo ci-dessus, à droite). Leurs propriétaires, Victor Roquencourt et Narcisse Jolibois, qui devaient bien se connaître, ont-ils fait une commande groupée pour ces moulages ? |
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La villa a été construite par le peintre de genre, Louis René Hippolyte Sinet, né à Péronne.
Il avait été élève de Couture et Biennoury. Il a exposé au
Salon à partir de 1859. Le Dictionnaire général des
artistes de l'école française donne une liste de ses
œuvres, réalisées entre 1859 et 1880. |
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Ces deux tableaux, de styles différents, figurent parmi ses
oeuvres : |
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Son épouse, Marie Louise Caillouët, était la fille du sculpteur-statuaire Louis Denis Caillouët (1790-1868).
Leurs quatre fils (Louis Hippolyte Etienne, Louis René Ferdinand, Louis Hippolyte André et Louis Hippolyte Edouard) sont nés à Villennes entre 1860 et 1871. Ils sont devenus peintres, à leur tour, sauf peut-être l'aîné.
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Elève de son père et de M. Lameire, il n'est toutefois pas aussi connu qu'André. Ses œuvres sont de deux nature : Il a présenté son tableau Roses and Crystal à l'exposition de la Royal Academy of Arts de Londres, en 1907. |
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Il a, lui aussi, présenté une œuvre à l'exposition de la Royal Academy of Arts de Londres, en 1910 : Violettes. Il nous est connu grâce à cet article publié dans l'édition du 22 mars 1936 du journal Le Mémorial d'Aix ; celui-ci relatait son exposition qui se tenait à Aix-en-Provence, où il s'était fixé. Grand voyageur, il a rapporté des toiles du Pérou, du Chili et d'Algérie avant de peindre la Sainte-Victoire et des femmes provençales. Une série de ses aquarelles des Andes avait été présentée lors de l'Assemblée Générale de la Société des Américanistes de Paris, le 7 décembre 1926. Après son décès, quelques uns de ses remarquables pastels d'Afrique ont été exposés, en février 1944, dans une vitrine de la rue Thiers d'Aix. |
André Sinet (1867-1923)
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![]() Le Dictionnaire national des contemporains nous donne sa biographie. |
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![]() Cette Femme lisant ne doit pas être
confondue avec La Liseuse, |
Cliquez ici pour voir d'autres œuvres de ce peintre, dont la cote reste importante, et des textes enthousiastes de critiques de son époque. |
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La villa fut vendue par adjudication, en 1897, à Narcisse Jolibois.
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En choisissant son prénom, ses parents l'avaient destiné à travailler dans l'horticulture ou dans l'industrie artisanale de l'imitation de la nature. Narcisse Jolibois, domicilié 51 rue Vivienne à Paris, était-il l'un des associés de la maison Jolibois et Ponsard, située 51 rue de Vincennes à Paris, qui dépendait de l'Assistance Paternelle aux Enfants employés dans les Industries des fleurs et plumes ? Nous avons rassemblé diverses informations sur la fabrication de fleurs artificielles, à l'époque de Narcisse Jolibois et de son voisin Victor Armand Roquencourt, dans la rubrique sur les célébrités d'antan de la mode et du luxe. |
La villa a appartenu ensuite à sa fille Jeanne Félicie, née le 8/7/1880 à Paris 10e, qui possédait également un terrain du chemin de la Nourrée. Curieusement, sur un plan de cette parcelle, joint à l'acte de vente, c'est le nom de Melle Ponsard (une fille de l'associé de Narcisse Jolibois ?) qui figure.
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Jeanne Jolibois était l'épouse de Louis Kneip, qui possédait, avec son père Alfred, une entreprise de réparation de pianos et garnissage de marteaux. Il était le petit-fils de Jean-Louis François Kneip, qui avait fondé leur entreprise en 1850. Installée en 1867 au 51, rue du Faubourg du Temple, celle-ci a occupé ensuite successivement plusieurs locaux de l'avenue Parmentier (182, 162, puis le 2 en 1913). Elle a obtenu des prix dans plusieurs expositions internationales : Médaille de bronze, 1878 ; Médaille d'argent Anvers, 1885 ; Médaille d'argent, 1889 ; Médaille d'or, 1900. |
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L'architecte Louis
Granet, auquel le voisin villennois Léon Francq avait confié la
construction des dépendances de sa villa Le Manoir, a bâti plusieurs
de leurs immeubles d'habitation parisiens :
- en 1899 : passage Parmentier (aujourd’hui rue Arthur-Groussier),
- en 1901-1902 : au 182 avenue Parmentier, à partir d’un bâtiment
existant de 2 étages déjà agrandi.
Selon une page sur les femmes de 1871 d'un site Internet sur le mouvement d’association populaire et ouvrière, l'épouse de Louis Kneip a signé le premier manifeste de la Ligue des femmes, comme deux autres femmes de militants coopérateurs. Ce Louis Kneip, facteur de pianos, était vraisemblablement d'une génération précédente ; il avait été l’un des fondateurs, en 1863, de la Société du Crédit au Travail, dont le but était de commanditer des associations de production.
Le gouvernement d'Edgar Faure en 1955 |
Agriculteur, originaire du Puy-en-Velay en Haute Loire, il a été député de ce département pendant cinq mandats, entre 1936 et 1958. Après avoir réussi une évasion aventureuse à travers l'Afrique, il rallia les Forces Françaises Libres en septembre 1940. Il devint Secrétaire d'Etat à l'Agriculture (1950-51) puis ministre de l'agriculture (1951) et à la Marine marchande (1955-56). |
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Paul Antier avait fondé le Parti paysan en 1945 pour représenter les milieux agricoles en politique et assurer la relève du Parti agraire et paysan français d'avant-guerre. En février 1951, le parti et le Centre national des indépendants fusionnèrent, devenant le Centre national des indépendants et paysans. Ce fut un échec ; Paul Antier reforma un parti paysan. Sa candidature à l’élection présidentielle de 1965, fut enregistrée puis retirée en faveur de Jean Lecanuet. |
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Il a possédé deux autres propriétés à Villennes :
La partie résiduelle du Bois des Falaises |
La Roseraie de Beaulieu |
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La maison de la photo de gauche a été détruite en 2010 pour laisser la place à de nouvelles constructions, malgré le recours des riverains. Quant à sa voisine, sa construction est restée inachevée. |
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Elles étaient toutes les deux situées en face du Clos Sainte Barbe. Seule la première est représentée sur le plan relief (1896). La seconde a été construite au milieu du XXe siècle. |
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La première maison a appartenu, plus tard, à la famille Lotiron, propriétaire de plusieurs villas de Villennes, en particulier La Source. |
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Cette maison, conçue en 1956, n'a jamais été habitée. En effet, sa construction à flanc de coteau, trois ans plus tard, n'a pas été achevée. |
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Un procès opposa ses commanditaires, M. & Mme D., pendant une vingtaine d'années, à l'architecte devenu célèbre. Celui-ci, Claude Parent, n'avait, semble-t-il, pas pris correctement en compte la nature très instable du terrain. |
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Le litige est relaté sur le site Internet Archiwebture de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine ; vous pouvez y voir des plans de la maison en cliquant sur celui-ci. |