Les élections municipales
1887 : élection partielle après la démission du maire
Le 11/12/1887, Le Journal de Versailles appelait à voter pour les candidats républicains :
Aujourd'hui, 11 décembre, les électeurs de Villennes sont appelés à élire trois conseillers municipaux en remplacement de MM. Daniel, maire, Gaury, adjoint, et Etienne Rivière, tous trois démissionnaires.
Nous rappelons que les candidats républicains sont MM. Jourdan, Ledot, Petit (Jacques-Louis). Les électeurs, en les nommant, confirmeront la volonté qu'ils ont exprimée dans la pétition du 4 décembre 1886, demandant la réparation de l'Ecole des filles.
Nous ignorons quels candidats les partisans de l'ancien maire mettront en ligne. Quels qu'ils soient, les électeurs ne se laisseront pas abuser par de vaines promesses.
Aux urnes donc ! De la discipline et pas d'abstention !
1892-93 : la victoire des républicains
remise en cause par le décès du maire
Le 4/12/1892, Le Journal de Versailles, favorable au changement de majorité, résultat de la récente élection, l'a ainsi commenté à sa manière :
Depuis un temps immémorial la commune de Villennes inféodée à la réaction cléricale nomme toujours un conseil municipal réactionnaire. En 1884, le conseil nomme M. Daniel, bonapartiste militant, maire, lequel fut réélu en 1888 et en mai 1892 au deuxième tour de scrutin.
Se croyant sûr du terrain, il ne cessait d'être en désaccord avec la préfecture et de vexer par ses procédés les républicains et les fonctionnaires communaux.
En mars dernier, il porte ses vues capricieuses sur le garde champêtre Brière qu'il suspendit de ses fonctions pour des motifs futiles, il voulait, dit-on, même le faire révoquer, mais il n'y put parvenir ; la préfecture ne voulant pas seconder ses rancunes le maintint en fonction.
L'illustre maire se refusa alors à lui payer son traitement échu. Le parti républicain étant intervenu, M. le Préfet par lettre du 28 juillet l'invita à payer cet agent dans un délai de huit jours.
Maître Daniel répondit à cette invitation en suspendant le garde champêtre sans motif plausible.
M. le Préfet par arrêté du 24 août rendu en Conseil de préfecture annula les suspensions du maire, fit payer d'office à M. Brière le traitement arriéré, interdit au maire de le suspendre à nouveau et l'arrêté fut affiché à la porte de la mairie.
Le 4 septembre suivant, le conseil municipal, quoique en majorité réactionnaire, nomma à la place de M. Daniel M. Redaux, délégué sénatorial. Ce jour-là M. Daniel comprit qu'il ne pouvait plus rester à la tête de la commune. Il donna sa démission de maire et de conseiller, mais il se représenta au scrutin du 9 octobre, soutenu par trois amis, MM. de Lassuchette, Parvery, conseillers et Gaury, adjoint, qui signèrent sa circulaire, pensant qu'il serait renommé à une forte majorité.
Mal lui en prit, le parti républicain lui opposa M. Graffoulière, secrétaire de la Délégation cantonale, très aimé des habitants, qui fut élu par 78 voix sur 137 votants, M. Daniel n'obtint que 53 voix.
Ses amis de la réaction ne purent supporter cet échec, 6 conseillers de la droite démissionnèrent dans l'espoir d'obtenir la dissolution et d'amoindrir par cette manœuvre le nouvel élu.
M. le Préfet ayant compris le piège fixa les élections complémentaires au 13 novembre. M. Graffoulière, visé par la droite, forma une liste républicaine de 7 noms par suite d'un décès, laquelle les 13 et 20 novembre obtint une forte majorité.
Le 27 novembre M. Redaux, ancien maire de 1881 à 1883, a été nommé maire à l'unanimité et M. Pottier adjoint.
Le soir, les jeunes gens ont planté un beau peuplier en l'honneur de la victoire, et ont parcouru les rues en chantant la Marseillaise. La réaction a été battue à tel point que celui qui a obtenu le plus de voix en a eu à peine 20, nous voulons parler de M. Gaury, adjoint, M. Parvery, 19, M. de Lassuchette, 5.
Ce résultat est d'autant plus saillant que M. de Lassuchette royaliste militant passait pour exercer une grande influence à Villennes, foyer jusqu'à ce jour de la réaction cléricale.
Nous félicitons Villennes d'avoir aujourd'hui un conseil uniquement républicain et secoué le joug de la réaction. Le conseil actuel est ainsi composé : MM. Redaux, Graffoulière, Potier, Conté, Godfrin, Dotte, Meunier, Damas, Leclerc, Martin, Léon Mailler et Petit, Jacques-Julien, et le docteur Georges Bertillon.
La réaction est si confuse de sa défaite qu'elle n'ose lever la tête du coup de massue électoral reçu.Argus.
Nouvelle élection, six mois plus tard, suite au décès du maire, Benoit Redaux. Commentaire des résultats par le même journaliste :
Dimanche dernier avait lieu une élection municipale en remplacement de M. Redaux, Maire, décédé. Deux candidats étaient en présence : M. Vincent, inspecteur primaire de la Seine, républicain ; M. Delafontaine, membre du Conseil de fabrique clérical-réactionnaire ;
sur 169 inscrits, 115 votants, ont obtenu :
M. Vincent ....... 52 voix
M. Delafontaine .... 49 »
Divers ......... 14 »
Pendant la nuit du samedi au dimanche, la réaction cléricale avait fait afficher un placard ainsi conçu :
La majorité du Conseil municipal recommande la candidature de M. Delafontaine, et invite les électeurs à voter pour lui.
Aussitôt 9 conseillers municipaux sur 11 signèrent une protestation par laquelle non seulement ils ne patronnaient pas la candidature de M. Delafontaine, mais ils invitaient en outre les électeurs à lui refuser leurs voix, ce qui fit échouer cette manœuvre de mauvaise foi et triompher la République. Aujourd'hui 30, au scrutin de ballottage, nous engageons les électeurs à voter pour M. Vincent, un bon et ferme républicain, d'une grande valeur, qui fera un bon administrateur s'il est élu. Nous ne doutons pas que les électeurs ne se déjugeront pas du vote émis dimanche dernier, qu'ils tiendront à marcher de l'avant pour faire triompher, comme en octobre 1892, la République à Villennes, et qu'ils comprendront que le candidat de la réaction déjà repoussé cinq fois par les électeurs d'Orgeval, sa commune d'origine, est reconnu incapable de faire un bon administrateur, et qu'ils seront fiers d'envoyer siéger au Conseil un républicain, mais aussi un administrateur qui saura défendre leurs intérêts.Vive la République !
Argus.
Le journal L'Avenir de Saint-Germain publia, le 23/7/1893, la proclamation qu'il avait reçue, avec prière d'insertion :
Nous recevons la proclamation suivante :
« Messieurs les Electeurs,
« Vous avez à élire, aujourd'hui 23 juillet, un conseiller municipal en remplacement du regretté maire, M. Redaux, décédé.
« La Réaction cléricale vous présente la candidature de M. de La Fontaine de Coularay, membre du Conseil de Fabrique, candidature née au presbytère.
« Ce candidat n'ayant pu, par cinq fois successives, se faire élire par ses concitoyens d'Orgeval, sa commune d'origine, voudrait pouvoir décrocher cette écharpe municipale à Villennes et donner un démenti au parti républicain en prenant place à la mairie, cela en comptant sur certaines défaillances.
« Le parti républicain et la majorité du Conseil ont fait choix de M. VINCENT, inspecteur primaire, un vaillant et sincère républicain, chef de service des renseignements à la préfecture de la Seine, homme distingué, d'une grande valeur, rompu aux affaires, et qui rendra les plus grands services à la commune s'il est élu.
« Electeurs, en octobre dernier, en nommant M. Graffoulière, votre représentant, contre M. Daniel, maire clérical démissionnaire, vous avez montré que vous vouliez que la République triomphât à Villennes.
« Aujourd'hui, malgré l'échec subi en octobre 92, la Réaction ne désarme pas et espère reprendre une position dans la place.
« En nommant son candidat, ce serait vous désavouer et revenir en arrière.
« Vous ne le voudrez pas ; au contraire, vous tiendrez à montrer, une fois de plus, que vous êtes des hommes de progrès et que vous voulez aller de l'avant.
M. VINCENT vous offre toutes les garanties. Votez tous pour lui et vous ferez ainsi votre vrai devoir de bons citoyens et de républicains.
« Vive la République !
« BERTHOLÉ »
Ni M. Decoulare-Delafontaine (son nom s'écrit ainsi, sans particule, selon les registres d'état-civil) ni M. Vincent n'ont été élus ; les conseillers municipaux ont préféré Henri Pottier, agriculteur de Breteuil.
Décembre 1893 : dissolution du conseil municipal
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Nous pouvons lire dans le Journal Officiel du 16 décembre 1893 un décret du Président de la République, déclarant que le conseil municipal de Villennes est dissous. Les raisons étaient ainsi précisées : - par suite des divisions profondes qui existent au sein du
conseil municipal, aucune des affaires soumises à cette
assemblée ne peut aboutir, et, notamment, après plusieurs
initiatives, il n'a pas été possible de reconstituer la
municipalité ; |
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1925 : résultats et remerciements
Résultat des élections du 3 mai
La liste Lamiraux arrive en tête avec une bonne majorité et 4 élus : MM. Lamiraux, Pédron, Burneron et Rouleau.
Remerciements
Chers Concitoyens,
Le geste que vous avez accompli dimanche nous est cher.
La marque de sympathie et de confiance que vous venez de nous témoigner nous honore.
Nous vous disons sincèrement MERCI.
Votre estime nous impose un devoir auquel nous ne faillirons pas. Nous aurons à cœur de vous montrer que nous sommes à la hauteur de votre considération.Lamiraux, Pédron, Burneron, Rouleau, Conseillers municipaux
Journal de Poissy, Meulan, Marly-le-Roi et leurs environs, 6/5/1925
Scrutin de ballotage
La liste opposée a également 4 élus. Le Conseil municipal est donc ainsi constitué dans l'ordre des voix obtenues : Lamiraux, Pedron, Burneron, Bouleau, Duchenet, Téoullier fils, Picard, Vouge, Jourdain, Pottier, Cazanave, Gabiroux.
Remerciements
Chers Concitoyens,
Nous vous remercions sincèrement de la confiance que vous nous avez témoignée à l'occasion du renouvellement des membres du Conseil municipal.
Le Conseil est maintenant définitivement constitué. Nous y entrons avec le ferme désir de mener à bien l'œuvre que nous avons commencée en 1922.
Vous pouvez être assurés que nous serons toujours soucieux des intérêts communs et que notre action portera ses fruits.
Nous rejetons les idées de parti parce qu'elles ne peuvent créer que des divisions intestines.
Nous voulons une bonne harmonie dans le jeu de nos finances. Des dépenses saines et non folâtres. Des recettes en rapport avec la situation des biens. Que chaque chose soit à sa place. Maintenant que la lutte électorale est terminée, nous souhaitons que le calme revienne dans les esprits ; que de l'oubli du passé jaillisse une lueur de liberté, d'égalité et de fraternité. Est-ce beaucoup demander ? Non, si chacun veut y mettre du sien et ne voir que le bien commun.Lamiraux, Pedron, Burneron, Rouleau, Duchenet, Picard, Jourdain, Pottier, Conseillers municipaux.
Journal de Poissy, Meulan, Marly-le-Roi et leurs environs, 13/5/1925
1929 : élection pour le remplacement du maire décédé
Une Innovation
Chacun sait avec quel acharnement certains candidats agissent pour combattre leurs adversaires. Rien ne les arrête : injures, calomnies, grossièretés sans nom et ce, au détriment de l'intérêt général.
Pour éviter ces scandales, Villennes a décidé, ou plutôt les électeurs de Villennes ont décidé, en réunion publique, de procéder autrement. Afin d'éviter les froissements toujours regrettables, M. Jean Péheu imagina d'établir une liste unique sur laquelle seront portés tous les noms des candidats dans l'ordre alphabétique. Chaque électeur recevra une de ces listes et parmi tous les candidats, il choisira les douze qui lui plairont et biffera d'un trait les autres noms. Rien de plus simple. Les élus seront ainsi les réels représentants de la majorité des électeurs et ceux-ci auront à cœur de ne confier les intérêts de la commune qu'à des hommes que, consciencieusement, ils jugeront aptes à administrer sagement. Espérons que cette innovation donnera les résultats qu'on en désire, et la commune et ses habitants n'auront qu'à y gagner.Un électeur.
N.-B. Il est bien entendu que cette liste unique adoptée à une grande majorité par les électeurs n'est imposée à personne et que tous candidats qui n'en seraient pas partisans restent libres de se présenter sur une liste particulière ou individuellement.
Journal de Poissy, Meulan, Saint-Germain-en-Laye, Rueil, Maisons-Laffitte, Marly-le-Roi, Rueil, 18/4/1929
