Bandeau décoratif de la période avant la Révolution

Villennes avant la Révolution


Villennes, à proximité des villes royales,
Poissy, Saint Germain en Laye et Versailles

Si la période de la gloire de Versailles a tout éclipsé avec le magnifique palais, il ne faut pourtant pas oublier que, dans notre région, deux autres brillantes l'avaient précédée, au XIIIe et XVIe siècle.

Poissy fut une des premières résidences des Capétiens, où Saint Louis naquit le 25 avril 1214 et il y fut baptisé.

Louis VI le Gros (1081-1137) avait déjà fait construire, à Saint Germain en Laye, un château-fort que Saint Louis compléta d'une très belle chapelle.

Cette résidence, placée au centre du domaine royal, était défendue par une ligne de nombreuses places fortes, : les châteaux-fort de Saint Gemme, de Poucy, de Retz et de Montjoye ; elle était couverte par la vallée de la Mauldre, Monfort, Neauphle, Beynes, Maule et, barrant la vallée de la Seine, Mantes, Meulan et Poissy.

Charles V le Sage (1337-1380) séjournait régulièrement au château de Saint Germain, qu'il renforça d'un donjon. Après la guerre de Cent ans et surtout à partir du XVIe siècle, Saint Germain devint une des résidences favorites de nos rois. Placé dans un site admirable, dominant la Seine et environné par des bois profonds, ce château était un lieu de séjour idéal pour que les rois se livrent à leur plaisir favori, la chasse. Les chasses royales s'étendaient au delà des forêts de Lay et de Crouye (forêt de Marly), à travers le plateau des Alluets jusqu'à Mauldre.

Ce plateau était au centre du Pincerais, pays dont Poissy était le chef lieu.

Dans la seconde moitié du XVe siècle, nombre de terres féodales de la région, ruinées par les guerres, furent acquises par des bourgeois, des rabbins et des financiers, qui furent peu à peu anoblis.

Le Pincerais

A l'époque des Gaulois et des Mérovingiens, le Pincerais était une "région", dont la cité pisciacaise était la capitale ; sa dimension transversale était proche de celle de l'immense intercommunalité qui s'étend de Conflans-Sainte-Honorine à Bonnières (Grand Paris Seine & Oise).

L'origine gauloise

Carte de la région du Pincerais.

Le Pincerais était une région que nos ancêtres les Gaulois situaient dans la large vallée que la Mauldre, se jetant dans la Seine à Epône, a creusée dans les coteaux du fleuve entre la proche banlieue parisienne et, à l’Ouest, la vallée de l’Eure. Il incorporait aussi la vallée de la Vaucouleurs, rejoignant la Seine à Mantes, qui s’appelait la Madrie. La Seine était sa limite au Nord et la contrée de Rambouillet marquait le Sud. Sa capitale était Poissy.

Chaque « pays » (du latin pagus), parmi les 230 que comptait la France vers l’an mille, avait ainsi ses limites naturelles. Le Pincerais constituait la partie nord du vaste territoire qu’occupait la tribu des Carnutes. Celui-ci descendait vers le sud jusqu'à la vallée de la Loire. Riche des plaines fertiles de la Beauce et la giboyeuse forêt d’Yveline, il avait pour capitale Chartres (Autricum). Le mot Pincerais dérive du gaulois Pinciacum (ou Pisciacum et autres variantes d’une époque pas très douée pour l’orthographe). Ce nom s'appliquait, comme en général, à la ville principale et à sa région. Le suffixe –acum, extrêmement répandu en Gaule, signifie « habitation de ». Selon les différents dialectes régionaux, il s’est contracté souvent en –y en terre d’oïl, comme pour Poissy, en –ac en terre d’oc (Figeac) ou parfois encore en –aix, -eux… Le préfixe dérive probablement des noms propres courants Pinsius ou Piscius, comme Victorius pour Vitry, Magnus pour Magny, Sergius pour Cergy... Toutefois, certains y voient des mots gaulois comme pen ou pin (montagne) et say ou si (forêt).

Le Pincerais, au cœur de l’histoire de France

Clovis et Charlemagne avaient réussi à dominer des territoires vastes comme l’Europe de l’Ouest mais, à chaque succession, il y avait partage puis reconquête de la suprématie. Le Pincerais, dans cette permanente bousculade des territoires, a ainsi fait partie, successivement, d’un royaume d’Orléans (en 511), de Paris (en 561), de Neustrie (en 575) et de Francie Occidentale (en 843).

Les rois Mérovingiens aimaient déjà chasser à partir d’une résidence royale à Poissy. Le Pincerais est resté presqu’en permanence et, en grande partie, en possession directe des rois, sans comte intermédiaire, mais il était confié à un chevalier dans une châtellenie, pour un rôle principalement militaire. Le déménagement graduel vers Saint Germain en Laye date du XIIIe siècle.

Auparavant, l’intrépide rhénan Robert Le Fort, appelé d’urgence pour diriger l‘ost royal et contrer les sanglantes attaques des Vikings, avait été nommé « marquis » (c'est à dire comte des marches, les zones frontières) de Neustrie (en 861). Quatre générations de Robertiens plus tard, Hugues Capet fut élu roi. Il avait hérité du comté de Paris et, parmi d’autres domaines, de plusieurs disséminés dans le Pincerais. Son fils, Robert II le Pieux, attribua le Pincerais au comte de Meulan, pour bons et loyaux services (en 1030). Philippe II Auguste, le récupéra, pour le punir de sa trahison envers les Plantagenets (en 1204). Le Pincerais, fondu dans la région parisienne, a cessé alors d’exister en tant que région politique.

Le pape du Pincerais

L’appellation Pincerais s’est, toutefois,  perpétuée jusqu’à la Révolution française, l’Église l’ayant donnée à un archidiaconat, qui regroupait le doyenné de Poissy et celui de Mantes. Les évêchés ont dû adopter alors le nouveau découpage politique de la France en départements et l’archidiaconat a disparu.

Titre de gloire : un archidiacre du Pincerais est devenu pape ! L’Italien Benedeto Caetani (1235-1303) a occupé la place. Il avait, vraisemblablement, été envoyé en France pour récolter des fonds pour les croisades. Après avoir été avocat et notaire du Pape à Rome, il fut nommé cardinal et élu sous le nom de Boniface VIII (en 1294). Il a canonisé Louis IX (Saint Louis) en 1297. Ce pontife ambitieux voulait dominer les rois. Philippe le Bel, après avoir essayé en vain de le faire destituer par un concile, l’a fait emprisonner par ses troupes. Délivré par la population, il devait mourir peu après des mauvais traitements reçus.

Les seigneurs de Villennes

Dans la dernière partie du Moyen Âge, le fief de Vilaines dépendait de la famille de Poissy, dont les terres s'étendaient de Saint Germain à Equevilly, s'entremêlant avec celles d'autres seigneurs mais aussi avec celles du Roi. L'un des ancêtres de Robert de Poissy, Gasce de Poissy, avait été Connétable de France sous Philippe Ier et possédait Acqueville vers 1220.

C'est seulement à partir de la guerre de Cent ans que l'on peut commencer une liste des Seigneurs de Villennes. Leurs biographies retracent l'histoire de Villennes jusqu'à la Révolution.